Le Cameroun réclame un Plan Marshall pour l'Afrique

23 septembre 2010
Paul Biya.

« L'Afrique est incontestablement le continent le plus touché par l'extrême pauvreté, qui s'accompagne de pénuries alimentaires, d'épidémies, de déplacements de population et d'insécurité ; la communauté internationale ne peut rester indifférente devant cette menace », a souligné en ouverture du débat annuel de l'Assemblée générale de l'ONU, le Président du Cameroun, Paul Biya.

Pour lui, cette réalité « risque de miner les efforts » des pays africains « pour faire progresser la démocratie et assurer le développement ».

Reconnaissant ensuite l'aide et les conseils dispensés par l'ONU et ses agences, le soutien irremplaçable des pays du nord, via l'aide financière, la coopération et l'annulation de la dette, le Président camerounais a estimé que « cela ne suffisait pas ».

Pas question pour lui de pointer des responsables, il estime simplement que « les solutions retenues n'ont probablement pas été à la hauteur de l'enjeu ». « Du côté africain, nous avions accumulé trop de handicaps au cours de l'Histoire : esclavage, colonisation, dépendance économique, conflits internes et externes et manque de rigueur de notre part », a-t-il ajouté.

Ce constat a amené Paul Biya a demandé que la question du développement de l'Afrique soit revue « de fond en comble », « dans le cadre d'un large débat d'idée sans arrières pensées idéologiques », « afin que prenne corps ce fameux 'Plan Marshall' pour l'Afrique, souvent évoqué ».

Pour cela, le Président du Cameroun a donc proposé de s'inspirer directement de la Déclaration finale de la Conférence Africa 21, qui s'est tenue cette année à Yaoundé, à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance du Cameroun.

« Cette conférence a dressé un bilan sans complaisance des 50 années d'indépendance africaine et évalué les chances qui se présentent pour l'avenir », a-t-il expliqué, avant de présenter la Déclaration finale adoptée par les participants, dont de nombreux chefs d'états et de gouvernement africains, comme « un véritable guide pour la réhabilitation de l'Afrique, tant en ce qui concerne son redressement économique que sa participation à la vie internationale ».

Et le Président camerounais de considérer que l'enjeu est simple pour la communauté internationale et l'Afrique : « faire en sorte que notre continent ne reste pas en position d'éternel assisté et qu'il joue le rôle qui lui revient dans les affaires du monde ». Il a d'ailleurs conclu son intervention en estimant qu'il était « difficile de justifier que l'Afrique soit le seul continent à ne pas disposer d'un représentant permanent au Conseil de sécurité ».

 

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