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L'ONU soutient des mesures face aux menaces biologiques et chimiques

L'ONU soutient des mesures face aux menaces biologiques et chimiques

Une équipe de terrain prenant part à un exercice de l'AIEA sur un accident nucléaire.
Alors que les États Membres de l'ONU disposent d'un système développé de prévention et de réponse à d'éventuelles catastrophes nucléaires ou radiologiques, des mesures similaires n'existent pas pour des attaques ou des catastrophes chimiques et biologiques, a souligné le Président du Groupe de travail sur la prévention des attentats au moyen d'armes de destruction massive et la réaction en cas d'attentat, Geoffrey Shaw.

Selon lui, il est temps que les pays examinent les moyens de s'assurer que la communauté internationale puisse réagir rapidement et efficacement en cas d'incident majeur impliquant des produits chimiques ou des armes et des matières biologiques.

Dans un entretien accordé au Centre d'actualités de l'ONU, Geoffrey Shaw a estimé qu'un rapport de l'Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme (ECLT), rendu public la semaine dernière, mettait en avant « l'existence d'un système solide mis en œuvre par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour faire face à des situations d'urgence nucléaires ».

L'AIEA joue un rôle de coordinateur central pour déployer ce système, qui inclut aussi des mécanismes de mobilisation inter-agences, afin d'alerter les organes de l'ONU susceptibles d'intervenir dans ces cas d'urgence.

Mais de nombreux États membres et les organisations de la société civile manquent toutefois de sensibilisation sur le système, selon le rapport, qui fait une série de recommandations pour améliorer la coordination de l'information publique et le rôle de l'AIEA en cas urgence.

Ce système, qui intègre notamment une base de données pour surveiller le trafic illicite de matières nucléaires, et la création de lignes de communication entre les agences et entre les pays pour permettre des réponses rapides, est né après l'accident du réacteur de Tchernobyl en avril 1986.

« Tchernobyl a marqué tous les esprits. Une communication efficace est considérée comme une élément beaucoup plus important qu'auparavant », a indiqué Geoffrey Shaw, qui explique aussi le développement plus lent de mesures similaires contre les attaques chimiques ou biologiques par l'entrée en vigueur plus tardive (1997) de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

« S'il y a une attaque biologique par des terroristes, qu'est ce qui serait attendu du système des Nations Unies? Voilà le genre de questions auxquelles nous devons répondre pour que nous puissions agir si nécessaire », a poursuivit Geoffrey Shaw. Selon lui, l'expansion « phénoménale » de l'industrie de la biotechnologie au cours des dernières années a mis les décideurs politiques face à « des défis délicats ».

« Il y a énormément de matériel dangereux? comment vous protégez cela ? On pourrait essayer d'établir des protocoles de vérification, impossible à vérifier. Il y a beaucoup de questions qui doivent encore être examinées », a conclu Geoffrey Shaw.