RDC : le Conseil de sécurité réclame des poursuites contre les auteurs de viols

17 septembre 2010

Le Conseil de sécurité a une nouvelle fois condamné fermement vendredi « les viols collectifs perpétrés dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) à la fin du mois juillet et en août » et a demandé « instamment » aux autorités congolaises « de veiller à ce que les auteurs de ces crimes terribles fassent rapidement l'objet de poursuites impartiales »

« C'est au premier chef au gouvernement de la RDC qu'il incombe d'assurer la sécurité sur son territoire et de protéger les civils dans le respect de l'Etat de droit, des droits de l'homme et du droit international humanitaire », a dit dans une déclaration le Président du Conseil de sécurité pour le mois de septembre, le Représentant de la Turquie, Ertugrul Apakan, à l'issue d'une séance du Conseil de sécurité sur la question,

Au moins 240 civils ont été violés dans 13 villages le long d'une portion de route de 21 kilomètres dans le territoire de Banamukira, entre le 30 juillet et le 2 août. Les assaillants ont bloqué la route et empêché les villageois d'atteindre les communications extérieures pour demander de l'aide. De nombreuses maisons ont également été pillées.

Le Conseil de sécurité demande également aux autorités congolaises « de condamner ces atrocités, de fournir une assistance effective aux victimes de sévices sexuels et d'appuyer l'action menée par toutes les parties prenantes, y compris la société civile, pour protéger et aider les victimes et prévenir d'autres actes de violence ».

Le Président du Conseil a lancé un appel « d'urgence » au gouvernement pour qu'il mette un terme à l'impunité et a encouragé les autorités congolaises à continuer, avec le concours de donateurs et de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), de renforcer les capacités militaires et de police du pays ainsi que des systèmes judiciaire et pénitentiaire.

Le Conseil recommande à la MONUSCO « de continuer ses efforts pour développer ses contacts réguliers avec la population civile ». Lancée dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) suite aux viols de masse, l'opération de sécurisation 'Shop Window' de MONUSCO, a permis de ramener le calme et de rassurer les populations.

Un contingent de 750 casques bleus organisés en patrouilles a été déployé afin de recueillir des informations et nouer des contacts avec les communautés. Grâce aux opérations terrestres menées par les soldats de la MONUSCO, des membres des milices Mai Mai ont été arrêtés. A ce jour, dix déploiements d'urgence de troupes ont été effectués avec l'appui d'hélicoptères d'attaque et d'engins blindés (BMP) dans les localités de Kilambo, Mutakato, Luvunghi, Kibua, Lubonga, Pinga et Burai. La zone d'opération couvre une superficie de 100 km sur 40 soit 4.000 km2 et englobe la totalité des localités récemment affectées par les actes de pillage et de viols de masse. Depuis le début de l'opération, aucune exaction n'a été signalée.

Le Conseil se félicite du lancement par la MONUSCO d'une campagne de sensibilisation, notamment sur Radio Okapi, pour encourager les victimes de violences sexuelles à les signaler et à rechercher une assistance juridique.

Le 26 août dernier, à la suite de consultations sur la situation en RDC, les Etats membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont exprimé « leur indignation » face aux viols de masse perpétrés par des membres des FDLR et des milices Maï-Maï.

Ces viols et agressions sont « un nouvel exemple grave du niveau de violence sexuelle et d'insécurité qui continue de ravager l'est de la RDC », avait pour sa part déclaré Ban Ki-moon.

 

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Envoyé à la fin du mois d'août en République démocratique du Congo (RDC) par le chef de l'ONU, Ban Ki-moon, pour faire la lumière sur les circonstances des viols de masse perpétrés dans l'est du pays, le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, Atul Khare, a réitéré mardi devant le Conseil de sécurité l'importance de mettre un terme à l'impunité et de mobiliser les moyens nécessaires pour traduire en justice les responsables de ces « crimes ».