Géorgie : l'ONU demande plus d'efforts pour aider les 350.000 déplacés

16 septembre 2010
Des déplacés géorgiens dans une tente du HCR à Gori, lors du conflit en 2008.

Le Représentant spécial de l'ONU sur les droits de l'homme des personnes déplacées dans leur propre pays, Walter Kälin, a appelé à de nouveaux efforts afin de trouver des emplois et des moyens de subsistance aux 350.000 personnes déplacées internes en Géorgie, dont beaucoup ont été chassées de leurs foyers par les conflits successifs.

« La recherche de solutions durables pour toutes les personnes déplacées internes en Géorgie, qu'elles aient été déplacées dans le début des années 1990 ou en 2008, doit rester une priorité absolue », a-t-il déclaré au terme d'une visite de quatre jours dans le pays.

Walter Kälin a salué les progrès réalisés par le gouvernement ces dernières années pour améliorer la vie de centaines de milliers de personnes chassées de leurs foyers par les combats entre le gouvernement et les séparatistes abkhazes dans le nord-ouest du pays au début des années 1990. Des dizaines de milliers d'autres ont également été déplacées par le conflit avec la Russie à propos de l'Ossétie du Sud en 2008.

« Je félicite les autorités pour leur engagement et les encourage à poursuivre leurs efforts », a déclaré Walter Kälin. Toutefois, tout en se félicitant de la fermeture des centres collectifs où des personnes déplacées internes vivaient depuis le début des années 1990, il s'est dit préoccupé par la manière dont les expulsions de personnes déplacées ont été réalisées ces derniers mois à Tbilissi, la capitale.

Il a exhorté les autorités à déclencher des procédures claires, pour que les expulsions soient effectuées conformément aux normes internationales. « Les personnes déplacées doivent être traités avec dignité, ce qui signifie qu'elles doivent être averties en temps utile de la fermeture d'un centre collectif et se voir proposer des options raisonnables de logement alternatif », a estimé Walter Kälin.

« Les expulsions ne doivent pas rimer avec perte des moyens de subsistance et de l'accès à une éducation de qualité ou à de services de santé. Même si elles peuvent s'avérer inévitables dans certains cas, elles ne doivent pas détruire le modeste niveau de vie que les gens ont construit », a-t-il ajouté.

Le mois dernier, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) avait déjà exprimé son inquiétude quant à l'expulsion par la police en juillet et en août de centaines de personnes déplacées vivant dans des bâtiments appartenant à l'Etat, à Tbilissi.

Le Représentant spécial a également voyagé en Abkhazie, dans des régions que des populations civiles ont fuit il y a deux décennies. « J'ai été impressionné par l'impact positif des projets mis en œuvre par la communauté internationale pour les rapatriés vivants dans des conditions difficiles, mais nous restons aussi préoccupés par le fait que ces personnes soient encore exposées à des risques d'actes criminels ou de violences, et qu'elles aient des difficultés à maintenir leurs traditions culturelles », a confié Walter Kälin, estimant également que les perspectives de retour pour les personnes qui ont fuit le district de Gali en Abkhazie, il y a 20 ans, étaient faibles.

« Cette situation de déplacement prolongé ne devrait pas se poursuivre et la recherche de solutions durables ne peut pas être entravée par l'impasse politique actuelle », a-t-il conclu, rappelant que toutes les personnes déplacées ont le droit de retourner volontairement chez elles et de retrouver leurs propriétés ou bien, si la restitution est impossible, de recevoir une indemnisation.

 

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