Somalie : il faut continuer de soutenir la transition, selon l'ONU

16 septembre 2010
Une femme nourrit un enfant avec de la nourriture thérapeutique en Somalie.

A l'occasion d'un débat du Conseil de sécurité sur la situation en Somalie, le Représentant spécial de l'ONU pour ce pays, Augustine Mahiga, a appelé la communauté internationale à continuer de soutenir le processus de transition qui s'achèvera en août 2011, en renforçant notamment la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) et les capacités du Gouvernement fédéral de transition.

Dans son intervention, Augustine Mahiga a d'abord mis en avant les dissensions qui persistent au sein des institutions fédérales de transition, notamment entre le Gouvernement fédéral de transition et le parlement, et qui ralentissent le processus de transition. Il a donc souhaité que « le Conseil de sécurité souligne une nouvelle fois le besoin d'unité et de cohésion au sein du Gouvernement fédéral de transition pour faire face à l'insurrection et faire avancer le processus de paix ».

Il a ensuite rappelé que les Accords de Djibouti de 2008, destinés à mettre fin à deux décennies de violences qui ont provoqué l'exil de plus de trois millions de Somaliens et le déplacement dans le pays de plus de 800.000 personnes, impliquaient la réalisation d'un certain nombre de tâches avant la fin de la période de transition fixée à aout 2011.

« Cela inclut la poursuite des initiatives en faveur de la réconciliation, la construction d'institutions civiles et sécuritaires et la fin du processus de rédaction d'une constitution », a-t-il expliqué, avant d'énoncer les obligations incombant, selon lui, au gouvernement de transition : intégrer plus de groupes d'opposition dans le processus politique, se concentrer sur la fourniture de services de base à la population, développer une feuille de route avec des objectifs réalisables et un calendrier clair.

« Ces éléments clés définiront les institutions futures d'une Somalie unie, démocratique et stable », a insisté Augustine Mahiga.

Le représentant de l'ONU a ensuite estimé qu'à 11 mois seulement de la fin de la période de transition, « le Gouvernement fédéral de transition et la communauté internationale devaient renforcer leur détermination politique afin de préserver et d'étendre la paix fragile obtenue grâce aux Accords de Djibouti ».

Il a également appelé au renforcement des capacités militaires du gouvernement, tout en estimant que le soutien et l'assistance régionale et internationale devait être renforcés compte tenu « de la période très critique du processus de paix » que la Somalie traverse. A cet égard, il a souhaité que la décision de l'Union africaine de déployer 2000 soldats de la paix supplémentaire sous la bannière de l'AMISOM dans la capitale Mogadiscio soit « mise en œuvre rapidement ». Il a aussi appelé à renforcer les équipements moyens dont dispose la force de l'Union africaine, estimant qu'elle est « actuellement en manque critique » de moyens pour protéger les civils et de système adéquat de surveillance et de collecte de renseignements.

Augustine Mahiga a poursuivi son intervention en saluant « la coopération encourageante » entre le Gouvernement fédéral de transition et les autorités du Puntland et du Somaliland, sur des questions de sécurité telles que la lutte contre la piraterie ou les mouvements de population déplacées. Ces deux régions autonomes jouent « un rôle modèle pour le reste de la Somalie, en montrant que la paix et la stabilité peuvent être atteints », selon lui.

Pour conclure, le Représentant de l'ONU a déploré la dégradation de la situation humanitaire, en particulier à Mogadiscio. « Les attaques de l'insurrection contre les positions du Gouvernement fédéral de transition ou de l'AMISOM ont aggravé la souffrance de civils innocents. Un nombre croissant de personnes rentrées dans leurs maisons ont été obligées de fuir à nouveau compte tenu de l'intensification des accrochages et des combats dans la capitale ».

 

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