Afghanistan : l'ONU optimiste à quatre jours des élections législatives

14 septembre 2010
Affiches de candidats lors de la campagne pour les élections du 20 août 2009 en Afghanistan.

« Ces élections ne seront pas parfaites, mais compte tenu de tous les préparatifs des autorités afghanes, nous estimons qu'elles seront bien meilleures que les précédentes », a déclaré mardi le Représentant spécial de l'ONU en Afghanistan, Staffan de Mistura, lors d'une conférence de presse organisée à Kaboul, à quelques jours du scrutin législatif organisé le 18 septembre.

Près de 10 millions d'Afghans doivent se rendre samedi dans l'un des quelques 6.000 bureaux de vote du pays, pour choisir parmi 2.500 candidats, dont 400 femmes, les 249 députés qui siègeront à la chambre basse du parlement, la Wolesi Jirga.

« Rien que le fait que ces élections aient lieu, qu'autant de candidats montrent leurs visages, affichent leurs noms, fassent campagne, et que je l'espère, beaucoup d'Afghans participent, c'est déjà un motif de fierté pour l'Afghanistan », a estimé Staffan de Mistura.

Le Représentant de l'ONU a ensuite exposé les raisons qui l'amènent à penser que ces élections seront meilleures que le scrutin présidentiel organisé en 2009 et entâché de fraudes massives.

« Premièrement, nous avons une Commission électorale, avec un président et des membres qui ont gagné beaucoup en crédibilité et en confiance pendant la période très compliquée qui a précédé ce scrutin », a-t-il indiqué.

« Deuxièmement, nous avons une Commission des plaintes électorales qui a été remaniée et qui comporte deux représentants internationaux », a-t-il poursuivi, avant d'énumérer ensuite les améliorations techniques faites depuis la présidentielles de 2009 : des urnes avec des numéros de série, des sacs scellés pour le transport des bulletins de vote, de l'encre indélébile pour que les gens ne votent qu'une fois.

Staffan de Mistura a ensuite rappelé que 6.000 personnes, qui avaient participé à l'organisation de la présidentielle et au dépouillement des bulletins, avaient été écartées pour ce scrutin. Il a aussi rejeté l'idée selon laquelle les cartes d'identités utilisées comme cartes d'électeur étaient facilement falsifiables, ce qui aurait d'ailleurs facilité les fraudes lors de la présidentielle de 2009.

« Les fraudes massives n'étaient pas liées aux fausses cartes, mais au fait que la liste des bureaux de vote a été publiée deux jours seulement avant le scrutin. Cette fois, la liste a été publiée un mois avant », a-t-il expliqué. « Les fausses cartes n'étaient pas la cause des fraudes », a-t-il encore insisté, avant d'ironiser en se disant « un peu désolé pour ceux qui ont répandu cette rumeur, ceux qui ont fabriqué des fausses cartes et ceux qui en ont acheté parce qu'ils perdent leur temps, car les technologies utilisées permettent de détecter aisément les faux ».

Staffan de Mistura a enfin souligné que pour ce scrutin, 292.000 agents, observateurs, membres des partis politiques, proches des candidats allaient être déployés dans tous les bureaux de vote du pays pour surveiller le déroulement du vote, l'encre, les cartes, les bulletins de vote, les urnes, autant de garde-fous « qui rendront des fraudes massives plus compliquées ».

Pour conclure, le Représentant de l'ONU a estimé que « toutes ces mesures devraient donner une chance à tous les Afghans de faire ce qu'ils ont le droit de faire : voter pour renforcer la démocratie ». « C'est pour ça qu'il y a tant de candidats, et c'est pourquoi courageusement, en dépit de l'insécurité, beaucoup d'Afghans iront, je l'espère, montrer qu'ils croient aux élections », a-t-il dit.

 

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