Somalie : Ban Ki-moon encourage les autorités à résoudre leurs différends

14 septembre 2010
Des enfants et des femmes déplacés à Mogadiscio, en Somalie.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, encourage, dans un rapport publié mardi, le Gouvernement fédéral de transition et le parlement somaliens à résoudre leurs différends politiques, estimant que les tensions internes au sein du gouvernement et des autres institutions fédérales ont détourné ces derniers mois l'attention des tâches essentielles à accomplir.

« Il importe que le Gouvernement fédéral de transition mette en place des structures gouvernementales crédibles pour assurer les services voulus à la population du pays et le Conseil des ministres doit continuer de se concentrer sur les tâches primordiales qui restent à accomplir avant la fin de la période de transition, en août 2011 », écrit Ban Ki-moon dans ce rapport transmis au Conseil de sécurité.

Afin d'aider le Gouvernement fédéral de transition à s'atteler à certaines des tâches les plus ardues qui lui incombent, notamment étendre son autorité et lutter contre la menace de l'extrémisme, le Secrétaire général lance un appel à la communauté internationale pour qu'elle lui fournisse d'urgence un appui sur les plans militaire et financier et des ressources dans d'autres domaines.

« J'encourage vivement les donateurs à utiliser plus activement le mécanisme gouvernemental de financement géré par PricewaterhouseCoopers pour fournir leur assistance », dit-il.

Alors que le terme de la phase de transition en Somalie se rapproche, Ban Ki-moon s'inquiète de constater que les objectifs qui ont été fixés pour cette période n'ont pas été atteints en grande partie.

Il note toutefois avec satisfaction que des progrès notables ont été réalisés dans l'élaboration du projet de constitution.

Il se dit aussi satisfait des efforts faits par le Comité mixte de sécurité pour coordonner les initiatives axées sur le développement du secteur de la sécurité. « Les attentats-suicides effroyables perpétrés à Kampala nous rappellent que les insurgés représentent un danger pour la Somalie, les pays de la sous-région et les autres pays », dit-il.

Il salue le rôle décisif que l'Union africaine et l'Autorité intergouvernementale pour le développement jouent dans l'appui au processus de paix en Somalie. Il rend un hommage particulier à la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM), qui doit continuer à travailler dans des conditions très difficiles, et invite de nouveau la communauté internationale à apporter d'urgence à la Mission l'appui dont elle a besoin pour pouvoir s'acquitter efficacement de son mandat.

Dix-huit mois après la mise en place des arrangements financiers existants élaborés par l'Organisation des Nations Unies pour l'AMISOM, les importants déficits enregistrés continuent de nuire au fonctionnement de cette dernière et, peut-être, de décourager des pays qui seraient susceptibles de fournir des contingents.

Le Secrétaire général demande également à la communauté des donateurs de maintenir son appui indispensable au peuple somalien dans le domaine humanitaire. Les organisations humanitaires fournissent une assistance vitale à 3,2 millions de personnes en Somalie. Il note que les ressources affectées à des secteurs clefs tels que ceux de l'eau, de la santé et de la nutrition sont financées à hauteur de moins de 40 %.

Le Secrétaire général se dit profondément préoccupé par les répercussions dévastatrices du conflit sur la population civile et par les atteintes au droit international des droits de l'homme et au droit international humanitaire. Il rappelle à toutes les parties au conflit que les auteurs de crimes de guerre seront traduits en justice. « À ce propos, j'appuie la proposition de rassembler des informations sur les violations les plus graves qui auront été commises », dit-il.

 

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