L'AIEA estime que l'Iran ne coopère pas assez avec elle

13 septembre 2010

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'organe de l'ONU chargé de la surveillance des activités nucléaires dans le monde, a regretté lundi que l'Iran « n'ait pas fourni la coopération nécessaire pour permettre de confirmer que toutes les matières fissiles présentes en Iran sont destinées à des activités pacifiques ».

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'organe de l'ONU chargé de la surveillance des activités nucléaires dans le monde, a regretté lundi que l'Iran « n'ait pas fourni la coopération nécessaire pour permettre de confirmer que toutes les matières fissiles présentes en Iran sont destinées à des activités pacifiques ».

S'adressant au Conseil des gouverneurs de l'AIEA à Vienne, le Directeur général Yukiya Amano a indiqué que cette coopération impliquait l'application des résolutions du Conseil de sécurité et la mise en œuvre du protocole additionnel du Traité de non prolifération des armes nucléaires, qui prévoit une série de garanties pour renforcer la capacité de l'Agence à veiller à ce qu'un État ne dispose pas de matières nucléaires non déclarées.

Yukiya Amano a par ailleurs exprimé son « grand regret » après que l'Iran se soit opposé à la désignation de deux inspecteurs, ajoutant que cette position entravait les enquêtes de l'AIEA sur le programme nucléaire iranien.

« J'exprime ma pleine confiance dans le professionnalisme et l'impartialité des inspecteurs concernés. Les deux sont très bien renseignés sur le cycle du combustible nucléaire et ont une longue expérience en Iran », a-t-il précisé.

Le programme nucléaire de l'Iran est présenté par les autorités de ce pays comme ayant une finalité exclusivement pacifiques, mais plusieurs pays de la communauté internationale soutiennent qu'il est motivé par des ambitions militaires. En 2003, il a en effet été découvert que le pays avait caché ses activités de recherches nucléaires pendant 18 ans, en violation du Traité de non prolifération nucléaire (TNP) que l'Iran a ratifié.

En juin, le Conseil de sécurité a imposé une quatrième série de sanctions contre l'Iran, en raison des risques de prolifération que fait peser la poursuite de son programme nucléaire et de son refus de poursuivre sa coopération avec l'AIEA.

Les sanctions adoptées en juin et dans les trois précédentes résolutions du Conseil de sécurité adoptées depuis 2006 comprennent notamment un embargo sur les ventes de certaines armes, le gel des avoirs financier de dignitaires du régime et un embargo sur tout le matériel susceptible d'intervenir dans l'enrichissement d'uranium, une étape indispensable pour l'utilisation, tant civile que militaire, de l'énergie nucléaire.

Après avoir rappelé que le dernier rapport de l'AIEA sur l'Iran stipule que « les objections répétées de l'Iran à la désignation d'inspecteurs ayant l'expérience du programme nucléaire iranien et connaissant les installations entravent le processus d'inspection », Yukiya Amano a demandé à l'Iran de revenir sur sa décision de 2007 d'interdire des dizaines d'inspecteurs de l'AIEA de participer à la surveillance de son programme.

Ce rapport indiquant que l'Iran n'a pas suspendu ses activités liées à l'enrichissement est « une source de préoccupation », a expliqué de son côté le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU, à New York.

Il a exhorté le pays à coopérer « autant que possible » avec l'AIEA pour résoudre toutes les questions en suspens concernant son programme nucléaire.

Devant le Conseil des gouverneurs de l'AIEA, Yukiya Amano a par ailleurs noté que la Syrie n'avait pas coopéré pleinement avec l'agence, à propos de plusieurs sites, dont celui de Dair Alzour, suspectés par certains Etats d'abriter des activités liées à un programme nucléaire.

« Il est essentiel que la Syrie s'engage positivement et sans plus tarder avec l'agence sur toutes ces questions », a-t-il souhaité.

Evoquant également les capacités nucléaires israéliennes, Yukiya Amano a indiqué qu'il avait visité ce pays en août pour « invité Israël à envisager d'adhérer au TNP et de placer toutes ses installations nucléaires sous les garanties intégrales de l'AIEA ».

Revenant enfin sur le projet de convoquer en 2012, une conférence sur la création d'une zone exempte d'armes nucléaires au Moyen orient, le chef de l'AIEA a réitéré son soutien à cette initiative, espérant que tous les Etats de cette région y participeront.

 

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