Navi Pillay s'inquiète des déportations de Roms par la France

13 septembre 2010

A l'ouverture de la quinzième session du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève, la Haute commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exprimé lundi sa préoccupation concernant les expulsions de Roms par la France.

Mme Pillay a pris note « des nouvelles politiques de la France à l'encontre des Roms, notamment le démantèlement de leur campements et les expulsions collectives vers leur pays d'origine ».

« Cela ne peut qu'exacerber la stigmatisation des Roms et l'extrême pauvreté dans laquelle ils vivent. J'exhorte les Etats Européens, notamment la France, à adopter des politiques qui permettent aux Roms de surmonter leur marginalisation », a-t-elle ajouté.

Dans son discours, la Haute commissaire a également exhorté la communauté internationale à soutenir directement et oralement les militants des droits de l'homme et a déploré les nombreuses attaques et menaces à l'encontre des journalistes et dissidents politiques.

« J'exhorte le Conseil des droits de l'homme et la communauté internationale à soutenir directement et oralement les défenseurs des droits de l'homme », a dit Navi Pillay. « Les dissidents pacifiques, les défenseurs des droits de l'homme, les avocats et les représentants de la presse ont fait l'objet de violences ciblées dans des pays tels que l'Iran, l'Iraq et la Somalie », a-t-elle ajouté.

Elle a exprimé son inquiétude sur les limitations des libertés de la société civile en République démocratique du Congo (RDC), au Zimbabwe, à Bahreïn, au Belarus, en Chine, en Egypte, en Libye, au Panama, en Syrie, en Tunisie et dans la Bande de Gaza.

Au Guatemala, au Mexique et en Serbie, les autorités nationales ne sont pas parvenues à répondre aux attaques répétées contre les militants et les défenseurs des droits humains, a-t-elle estimé. Navi Pillay a aussi déploré la pression croissante sur les médias et la société civile lors des processus électoraux, notamment au Burundi et au Rwanda.

« Au Soudan, le climat général de répression et d'intimidations lors des élections présidentielles du mois d'avril a provoqué des doutes sur la conduite du référendum d'autodétermination du Sud-Soudan l'année prochaine », a-t-elle précisé.

« Il est évident que pour que des élections soient libres et justes, un environnement ouvert au débat permettant la pleine participation des parties prenantes doit être instauré », a plaidé la Haute commissaire.

Navi Pillay a également évoqué les « souffrances terribles » des populations touchées par des catastrophes naturelles comme au Pakistan mais aussi par les conflits et la violence notamment en Iraq, en Afghanistan et en Somalie.

Elle s'est aussi inquiétée de la situation des migrants au Mexique qui sont victimes des gangs criminels.

 

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