Le Libéria a besoin de la communauté internationale pour continuer sa reconstruction

8 septembre 2010
La Représentante spéciale de l'ONU au Libéria, Ellen Margrethe Løj.

Le Libéria a fait des progrès énormes mais il faut faire beaucoup plus dans certains domaines critiques pour consolider la paix et améliorer la situation générale du pays qui reste stable mais fragile, a indiqué mercredi la Représentante spéciale de l'ONU au Libéria, Ellen Margrethe Loj, devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Evoquant d'abord le rôle de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) qu'elle dirige, Ellen Margrethe Loj a estimé que la présence de la force onusienne jouait « un rôle stabilisateur dans la sous-région et dissuadait les activités transfrontalières illégales, dont le trafic de drogue ».

Selon elle, « les menaces majeures de déstabilisation du pays sont plus d'origines internes qu'externes », en raison de l'accroissement de la violence des gangs, des tensions communautaires et ethniques, de la compétition pour le contrôle des ressources naturelles, des conflits fonciers, de la violence sexuelle et des vols à mains armés qui se sont développés.

« Le niveau alarmant de chômage, notamment chez les jeunes et les anciens combattants de la guerre civile, ont encore accru les craintes pour la sécurité », a-t-elle ajouté, expliquant que la MINUL avait noté l'augmentation de la disponibilité d'armes à feu fabriquées dans la région et introduites illégalement dans le pays.

Cette réalité a amené la mission de l'ONU a travaillé avec le gouvernement pour combler le vide juridique sur le contrôle des armes légères et de petit calibre.

La Représentante de l'ONU a également souligné les difficultés rencontrées par les forces de l'ordre libériennes pour répondre aux situations de tensions ou de violence. Citant différents évènements intervenus ces derniers mois, elle a indiqué que « les institutions locales chargées de la sécurité étaient facilement dépassées » et que « des interventions régulières de la MINUL étaient nécessaires ».

Elle a également regretté le manque de confiance des Libériens dans le système judiciaire. Cela « montre l'importance de renforcer encore l'Etat de droit et les institutions sécuritaires, en particulier la police, les services d'immigration et l'administration pénitentiaire », a-t-elle estimé, avant de demander « plus de soutien extérieur » pour que le pays y parvienne.

Evoquant ensuite les élections présidentielle et législative qui se dérouleront en novembre 2011, Ellen Margrethe Loj les a qualifiées de « test critique pour le Libéria, dans son cheminement vers la démocratie ». Là encore selon elle, la communauté internationale devra apporter un soutien pour l'organisation de ces scrutins.

A propos de la réconciliation nationale, l'un des éléments clés de la stabilisation du pays, Ellen Margrethe Loj a indiqué que le gouvernement avait commencé à mettre en œuvre les recommandations de la Commission nationale Vérité et Réconciliation, notamment via le Palava Hut, un mécanisme traditionnel qui permet aux auteurs de crimes de demander pardon en public.

Pour conclure, la représentante de l'ONU a souligné « les contraintes financières extrêmes du gouvernement », dont le budget 2010, toujours en débat au parlement, atteint 347 millions de dollars.

« Les besoins sont effrayants, en particulier pour ce qui est de la construction des institutions, le gouvernement a des infrastructures extrêmement pauvres et il continue de sa battre pour offrir des services sociaux de base à sa population », a expliqué Ellen Margrethe Loj, avant de saluer toutefois le travail et les efforts de la Présidente Ellen Johnson Sirleaf et de son équipe.

« Si des progrès significatifs ont été réalisés pour renforcer la transparence et la responsabilité, plus encore doit être fait pour s'attaquer à la corruption, qui pourrait sérieusement entraver le développement du Libéria », a-t-elle conclu.

 

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