RDC : un haut responsable de l'ONU sur les lieux des viols de masse

1 septembre 2010

Envoyé la semaine dernière en République démocratique du Congo (RDC) par le chef de l'ONU, Ban Ki-moon, pour faire la lumière sur les circonstances des viols de masse perpétrés dans l'est du pays, le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, Atul Khare, devait arriver mercredi à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, d'où il se rendra sur les lieux des tragiques événements.

Au moins 240 civils ont été violés dans 13 villages le long d'une portion de route de 21 kilomètres du territoire de Banamukira, entre le 30 juillet et le 2 août. Les assaillants ont bloqué la route et empêché les villageois d'atteindre les communications extérieures pour demander de l'aide. De nombreuses maisons ont également été pillées.

Afin de collecter des informations, Atul Khare se rendra dans les villages de Kirumba, Kibua, Bukavu et Uvira. A Kinshasa, la capitale congolaise, il s'est entretenu avec des membres du gouvernement, dont le ministre des affaires étrangères et le vice Premier-ministre, ainsi qu'avec le Conseiller du Président congolais sur la sécurité. Il a aussi rencontré des représentants des organisations non gouvernementales et de la société civile.

La Mission de Stabilisation des Nations Unies en République Démocratique du Congo (MONUSCO) a lancé mercredi l'opération 'Shop Window' dans les zones de Pinga, Kibua et Walikale dans l'est du pays afin « de rassurer la population et de démontrer son engagement à utiliser toutes les ressources à sa disposition pour remplir son mandat de protection », a indiqué la Mission par communiqué de presse.

« Cette opération fait suite à l'augmentation observée des activités des groupes armés dans les territoires de Walikale et de Masisi qui sont à l'origine de plusieurs violations des droits de l'homme et de l'accroissement de l'insécurité parmi la population civile », a fait savoir la MONUSCO.

S'exprimant mardi lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU à New York, la Représentante spéciale de l'ONU pour les violences sexuelles dans les confits, Margot Wallström, a exprimé sa crainte devant le souhait du gouvernement de RDC de voir les forces de la MONUSCO se retirer du pays.

« Nous sommes appelés à faire davantage, avec en même temps moins de soldats de la paix », a-t-elle regretté, avant de souligner qu'au moment des récentes attaques dans le Nord-Kivu, 80 casques bleus étaient chargé de sécuriser une zone de plus de 300 kilomètres carrés.

Même s'il n'est « tout simplement pas réaliste » pour les casques bleus de protéger toutes les femmes dans l'est de la RDC, « l'ONU cherche de nouveaux moyens de renforcer les politiques déjà en place, y compris les systèmes d'alerte précoce, les programmes d'appel de détresse et les patrouilles », a encore précisé Margot Wallström.

Le 26 août dernier, à la suite de consultation sur la situation en RDC, les Etats membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont exprimé « leur indignation » face aux viols de masse perpétrés vraisemblablement par des membres du Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR) et des milices Maï-Maï.

Ces viols et agressions sont « un nouvel exemple grave du niveau de violence sexuelle et d'insécurité qui continue de ravager l'est de la RDC », avait pour sa part déclaré la veille Ban Ki-moon devant le Conseil de sécurité.

 

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