Croissance modeste pour l'économie palestinienne étouffée par l'occupation

31 août 2010

Les territoires palestiniens occupés (TPO) ont enregistré une croissance économique marginale l'année dernière et le taux de chômage y reste très élevé, en raison des politiques de bouclage imposées par Israël à la Cisjordanie et la bande de Gaza, qui continuent d'empêcher le potentiel économique des TPO de se libérer, a annoncé mardi l'ONU.

Dans son rapport annuel sur l'assistance au peuple palestinien, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) indique que le produit intérieur brut (PIB) des TPO a augmenté de 6,8% en 2009, mais que le taux de chômage n'a baissé que de 1,6%.

Aujourd'hui, le PIB par habitant des TPO est inférieur de 30% à celui d'il y a dix ans, et au moins 30% de la population active palestinienne reste sans emplois. Dans la bande de Gaza, les pénuries alimentaires sont de plus en plus fréquentes et graves et affectent directement 60% de la population.

La CNUCED affirme également que l'économie palestinienne est encore freinée par les retombées de l'opération militaire israélienne à Gaza en 2008-09 et par le coût de la politique de bouclage d'Israël en Cisjordanie et du blocus économique imposé à la bande de Gaza.

Selon le rapport, au cœur de l'impasse du développement palestinien se trouve le secteur des biens échangeables, mais sa compétitivité est limitée par les restrictions de circulations imposées par Israël, l'utilisation de devises étrangères (shekel israélien, dollar américain et dinar jordanien) et une base productive érodée.

Pour la CNUCED, la revitalisation du secteur des biens échangeables et la reconstruction des capacités productives sont deux éléments essentiels pour que le développement économique palestinien décolle. Si le soutien financier des donateurs reste essentiel, l'économie palestinienne retrouvera son efficacité quand les bouclages et le blocus de Gaza seront, ajoute le rapport.

La relance du secteur privé dans les TPO continue d'être entravée par les restrictions de mouvement imposés par les Israéliens, tant dans les TPO eux-mêmes, qu'aux passages frontaliers, sans omettre les effets de la barrière de séparation dressé par Israël, les colonies et la confiscation de terres, dénonce encore le rapport de la CNUCED.

« Ces facteurs ont privé les secteurs productifs de leurs ressources les plus vitales en gonflant les coûts de transaction à des niveaux prohibitifs, renforçant un changement de politique économique vers des activités à faible valeur ajoutée », précise encore le document, qui distingue la Cisjordanie de Gaza où la situation est bien pire avec une explosion de l'économie informelle -l'économie « des tunnels »- pour compenser l'effondrement du secteur productif.

Selon la CNUCED, le déficit commercial palestinien s'est aggravé, passant de 57% du PIB en 2008 à 59% en 2009. En dépit aussi d'importantes réformes fiscales menée par l'Autorité palestinienne (PA), le déficit public a augmenté de 2,6% pour atteindre 1,6 milliard de dollars en 2009.

Le rapport avertit ensuite que si les réformes fiscales et la réduction du déficit public sont des objectifs politiques importants, ils ne peuvent pas être atteints aux prix d'une aggravation de la pauvreté déjà élevée, ni compromettre la capacité des administrations locales à fournir des services de base à la population.

La CNUCED évalue également le coût indirect des pertes de production dans les TPO, qui avoisinent les 600 à 800 millions de dollars par an, soit environ 13 pour cent du PIB. Si les dommages physiques causés par l'opération militaire israélienne de 2008-09 dans la bande de Gaza sont pris en compte, les pertes économiques directes et indirectes atteignent 3,1 milliards de dollars pour la période 2008-2009.

« Surmonter la crise économique palestinienne, le chômage généralisé et la pauvreté n'est possible que si toutes les restrictions israéliennes sont levées », insiste le rapport, qui souligne aussi que le soutien des donateurs a ses limites et que « des mesures palliatives » ne suffisent pas pour relancer une croissance soutenue et le développement.

Pour conclure, la CNUCED se livre à un exercice de projection, sur l'injection de 1,6 milliards de dollars en aide à l'investissement public sur la période 2010-2012. Dans les conditions de blocus et de restrictions de circulations actuelles, cela déboucherait sur une augmentation du PIB annuel de moins de 1%. Après la levée complète du blocus de Gaza et un assouplissement des restrictions en Cisjordanie, cela provoquerait une augmentation du PIB annuel de 14% et la création de 80.000 emplois par an.

 

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