Guinée Equatoriale : manque de transparence du procès sur le coup d'Etat raté

27 août 2010

A l'issue d'une visite de cinq jours en Guinée Equatoriale, des experts indépendants du Groupe de travail de l'ONU sur l'utilisation des mercenaires ont constaté un manque de transparence flagrant sur les procès des personnes arrêtées, exécutées ou détenues suite à l'attaque du palais présidentielle de février 2009 et la tentative de coup de d'Etat de 2004 au cours desquelles des mercenaires étaient impliqués.

Les experts soulignent la nécessité pour le gouvernent équato-guinéen de signer la Convention internationale contre le recrutement, l'utilisation, le financement et l'instruction de mercenaires.

Le 17 février 2009, des présumés mercenaires ont pris d'assaut le palais présidentiel. Selon les informations récoltées par le Groupe de travail, le gouvernement a arrêté sept Nigérians et neuf Equato-guinéens. Les experts indépendants ont souligné « le manque de transparence » concernant « l'accès aux décisions judiciaires » de « ceux qui ont été jugés et ceux qui sont toujours en détention ».

Les deux experts, Amada Benavides de Pérez, la présidente du Groupe, et José Luis Gómez del Prado, ont également exprimé leur inquiétude sur l'exécution de trois anciens officiers militaires et d'un civil le 21 août 2010 « à l'issue d'un procès militaire sommaire » durant lequel les accusés n'ont pas eu la possibilité de faire appel.

Sur les sept Nigérians arrêtés, deux sont morts en détention et les cinq autres ont été condamnés à 12 ans d'emprisonnement. Les membres de l'ambassade du Nigéria en Guinée Equatoriale n'ont pas eu accès à leurs ressortissants, indiquent les experts qui précisent que deux autres civils ont écopé de 20 ans d'emprisonnement.

Le manque de transparence de ces procès révèle « un grave défaut dans la mise en œuvre des standards internationaux des droits de l'homme dans l'administration et la justice du pays », ont indiqué les experts indépendants.

Concernant les procès des personnes arrêtées suite au coup d'Etat raté de 2004, le Groupe estime qu'ils n'ont pas rempli non plus les standards internationaux. Les experts notent par ailleurs que tous les étrangers liés au coup d'Etat ont été pardonnés en novembre 2009 par le Président, notamment le Britannique Simon Mann et le Sud-africain Nick du Toit.

Le Groupe de travail note « qu'officiellement il n'existe qu'une société militaire et de sécurité privée américaine actuellement en contrat avec le gouvernement, entre autres pour former les forces armées et de police ainsi que les sociétés privées locales ». Les experts soulignent qu'ils n'ont pas d'informations « sur des allégations de violations des droits de l'homme commises par cette société militaire et de sécurité privée ».

Le Groupe a aussi appelé le gouvernement à réduire sa vulnérabilité aux attaques de mercenaires en renforçant la démocratie et la bonne gouvernance. Les experts soulignent la nécessité d'adopter la Convention internationale contre le recrutement, l'utilisation, le financement et l'instruction de mercenaires ainsi que l'adoption d'une loi nationale criminalisant le mercenariat.

Le Groupe exhorte notamment les autorités à fournir les informations judicaires des procès et exécutions des accusés de l'attaque du 19 février 2009, d'accorder l'accès au prisonniers nigérians à l'ambassade du Nigéria et au Comité international de la Croix Rouge (CICR).

 

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