Pakistan : les inondations déplacent encore un million de personnes

27 août 2010
Des victimes des inondations au Pakistan.

Les inondations qui frappent le Pakistan depuis un mois -les pires que le pays ait connues depuis plusieurs décennies- continuent de s'étendre, a indiqué vendredi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Plusieurs zones jusqu'à présent préservées ont été inondées ces deux derniers jours, provoquant le déplacement d'un million de personnes supplémentaires dans la province du Sindh.

Les inondations qui frappent le Pakistan depuis un mois -les pires que le pays ait connues depuis plusieurs décennies- continuent de s'étendre, a indiqué vendredi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Plusieurs zones jusqu'à présent préservées ont été inondées ces deux derniers jours, provoquant le déplacement d'un million de personnes supplémentaires dans la province du Sindh.

« Nous travaillons jour et nuit pour porter secours aux millions de femmes, hommes et enfants, mais les inondations semblent déterminées à dépasser nos efforts », a déclaré le Coordonnateur humanitaire pour le Pakistan, Martin Mogwanja. « Nous avons accru l'ampleur de nos opérations, mais nous devons encore passer au niveau supérieur », a-t-il ajouté.

Le débit du fleuve Indus qui parcourt le pays est à l'heure actuelle 40 fois supérieur au débit normal et la montée des eaux touche désormais le district de Thatta, dans le Sindh, où un million de personnes ont été évacuées.

« Les habitants ont été prévenus, mais seulement après que les digues de la rivière ont rompu et que l'eau a commencé à inonder les villages », a déclaré le chef du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) à Karachi, Andro Shilakadze. « La montée des eaux a été très soudaine. Les gens ont dû quitter leurs domicile à la hâte, beaucoup d'entre eux pendant la nuit, en laissant tout derrière. Il y a aussi beaucoup d'habitants qui sont encore bloqués et isolés, et doivent maintenant être secourus », a-t-il précisé.

Ces nouveaux déplacés qui ont désormais besoin d'abris, de nourriture, d'eau et de soins médicaux, viennent s'ajouter au 17,2 millions de Pakistanais déjà affectés par ces inondations, dont 8 millions ayant besoin d'une aide d'urgence.

L'ONU et ses partenaires ont fourni des abris à 1,1 million de personnes, dont environ 120.000 dans le Sindh. De l'eau potable est distribuée quotidiennement à 2,5 millions de personnes dans tout le pays, mais seulement 50.000 dans le district de Thatta, dans le Sindh.

« Nous sommes en train d'accroître la réponse à cette catastrophe pour atteindre tous ceux qui sont dans le besoin, mais avec un million de déplacées en plus dans le Sindh en deux jours, les besoins augmentent beaucoup plus rapidement que nos capacités et nos ressources », a expliqué le chef d'OCHA dans le pays, Manuel Bessler.

Ces dernières semaines, le nombre de sinistrés dans le Sindh a fortement augmenté. Le 13 août, il s'établissait à 1,5 million, le 16 août à 2,3 millions et aujourd'hui, 3,7 millions de personnes, sans compter les nouveaux déplacés de ces deux derniers jours.

« Plus nous nous rapprochons de nos objectifs, plus nous atteignons de personnes, plus le nombre de sinistrés à prendre en charge et à aider augmente », a encore déclaré Manuel Bessler.

L'ONU et ses agences craignent aussi une seconde vague de victimes en raison de la propagation de maladies. « Il y a une tendance à l'augmentation des maladies, en particulier les maladies hydriques et à transmission vectorielle dans les régions du Sindh et du Pendjab », a indiqué vendredi la porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Fadela Chaib, à l'occasion d'un point de presse organisé au siège de l'organisation à Genève, en Suisse.

L'OMS, qui a d'ores et déjà dispensé des traitements médicaux à près de 3,3 millions de personnes, souligne que ses équipes sur le terrain sont sollicitées pour quatre types majeurs d'infection : infections respiratoires, diarrhée, infections cutanées, paludisme.

« Les cas de paludisme augmentent de jour en jour dans le Sindh et le Baloutchistan, il est possible qu'il faille faire face à une flambée du paludisme dans les quatre prochaines semaines », a-t-elle poursuivi, estimant que la propagation de la maladie était désormais « endémique ».

Pour tenter de limiter sa progression, l'OMS a fourni des kits sanitaires de diagnostic de la maladie, et des médicaments pour son traitement. Elle a également distribué des équipements de santé et des traitements pour 2,6 millions de sinistrés.

 

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