RDC : les viols confirment l'urgence de consolider la paix, selon Ban

25 août 2010
Des femmes marchant contre la violence sexuelle en RDC.

Les viols et agressions sexuelles de plus de 150 civils par des rebelles dans la province du Nord-Kivu, à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), confirment de manière brutale la difficulté de maintenir la paix dans les zones de conflit, a déclaré mercredi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Au moins 154 civils ont été violés dans 13 villages le long d'une portion de route de 21 kilomètres du territoire de Banamukira, entre le 30 juillet et le 2 août. Les assaillants ont bloqué la route et empêché les villageois d'atteindre les communications extérieures pour demander de l'aide. De nombreuses maisons ont également été pillées.

Ces viols et agressions sont « un nouvel exemple grave du niveau de violence sexuelle et d'insécurité qui continue de ravager l'est de la RDC », a déclaré Ban Ki-moon devant le Conseil de sécurité.

Le Secrétaire général a précisé qu'il avait lancé des appels aux autorités congolaises pour qu'elles enquêtent sur cet incident et traduisent en justice ceux qui sont derrière ces attaques. Il a aussi appelé le gouvernement à accroître ses efforts pour renforcer la sécurité et la stabilité dans l'est de la RDC.

Selon le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), plus de 9.000 cas de viols ont été signalés l'an dernier rien que dans les provinces du Nord et du Sud Kivu. On estime que de nombreux cas ne sont tout simplement pas signalés.

« Que pouvons-nous faire de plus pour protéger les civils de telles violations flagrantes des droits humains et du droit humanitaire international ? », s'est interrogé M. Ban, qui avait rencontré des survivants de violences sexuelles dans l'est de la RDC l'an dernier.

La Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO), a-t-il noté, fait tout son possible pour protéger les civils, malgré des ressources limitées et un environnement très difficile.

Ban Ki-moon a annoncé qu'il envoyait immédiatement le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, Atul Khare, en RDC pour travailler avec Roger Meece, son Représentant spécial dans ce pays.

Dans une déclaration publiée mardi, il a indiqué qu'il avait demandé à sa Représentante spéciale pour les violences sexuelles dans les conflits, Margot Wallström, de diriger la réponse de l'ONU sur cette question.

« Les femmes et les enfants ne devraient pas vivre dans la peur du viol », a insisté le Secrétaire général. « Les communautés ne devraient subir l'indignité de savoir que les auteurs d'abus et des criminels de guerre peuvent continuer de se comporter en toute impunité. »

Lors d'une téléconférence avec des journalistes à New York, M. Meece a reconnu mercredi que même si la MONUSCO faisait tout son possible pour développer des contacts réguliers avec les civils et avait des réunions hebdomadaires avec les autorités locales concernant la sûreté des villageois, aucune de ces mesures n'avaient été suffisantes pour empêcher la récente tragédie.

La Mission envisage des contacts quotidiens avec les villages dans la région, et en l'absence de réponse, des patrouilles seront déployées. M. Meece a toutefois noté que les distances même si elles semblent courtes selon des critères occidentaux, « peuvent être décourageantes » dans l'est de la RDC, rendant difficile pour les dirigeants locaux de se rendre aux discussions régulières avec la MONUSCO.

Le chef du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), Anthony Lake, a déclaré mardi que les récents viols de masse soulignent l'urgence de mettre fin à l'utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre.

« Les violations flagrantes des droits de l'homme, dont les viols et la violence sexuelle, sont devenues endémiques en RDC », a-t-il dit. « Il faut mettre fin à l'impunité », a-t-il ajouté.

 

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