Darfour : la situation dans le camp de déplacés de Kalma reste tendue

23 août 2010

La situation dans le camp de déplacés de Kalma, au Sud Darfour (Soudan), reste tendue et fragile après les incidents violents entre des groupes de déplacés fin juillet, a déclaré lundi le Secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires humanitaires, John Holmes, lors de consultations du Conseil de sécurité.

« Selon nos informations, la situation actuelle à Kalma est relativement calme, grâce surtout aux patrouilles de la Mission conjointe des Nations Unies et de l'Union africaine (MINUAD) dans le camp, qui ont permis d'améliorer significativement la situation en matière de sécurité », a indiqué John Holmes dans un exposé devant les membres du Conseil.

Selon lui, la situation concernant l'approvisionnement en eau s'est améliorée, dix écoles ont rouvert et les distributions de nourriture doivent reprendre bientôt. « La situation reste toutefois tendue et fragile, et le gouvernement continue d'évoquer le départ des déplacés de Kalma et le démantèlement du camp », a ajouté John Holmes.

Le camp de Kalma accueillait environ 82.000 personnes avant les incidents violents de fin juillet. Aujourd'hui, entre 50.000 et 60.000 personnes y vivraient seraient toujours, environ 15.000 autres auraient fui vers la ville de Nyala et 10.000 autres dans les environs.

Les violences de fin juillet, qui sont liées à des différends politiques, ont fait des morts et des blessés et ont interrompu la fourniture de l'assistance humanitaire. « La situation s'est encore aggravée quand les autorités locales ont interdit aux organisations non gouvernementales (ONG) et aux agences onusiennes l'accès au camp pendant les 15 premiers jours d'août, suggérant qu'elles souhaitaient se débarrasser du camp », a expliqué John Holmes.

Grâce à d'intenses discussions avec les autorités soudanaises, les organisations humanitaires ont de nouveau accès au camp depuis le 18 août.

De manière générale, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires a estimé que la situation au Darfour s'était nettement détériorée cette année, dans un contexte de reprise du conflit armé impliquant les forces armées soudanaises et les groupes rebelles et d'une augmentation des affrontements ethniques.

« Les restrictions imposées aux opérations humanitaires, ainsi que le harcèlement, les menaces et les violences dirigées contre le personnel humanitaire, deviennent une fois encore inacceptables », a estimé John Holmes. « Cela rend les civils que nous essayons d'aider encore plus vulnérables. »

Il a appelé à la levée des restrictions d'accès qui prévalent dans l'Est Djebel Marra, où environ 100.000 personnes sont affectées depuis février par les combats entre les forces du gouvernement du Soudan et la branche Abdul Wahid de l'Armée de libération du Soudan (ALS). « Ces restrictions doivent être levées dès que possible », a-t-il insisté.

Il a conclu en demandant aux Etats membres du Conseil de sécurité d'user de leur influence pour obtenir à un rétablissement complet de l'accès à la population civile du Darfour.

Dans un communiqué à la presse publié à l'issue des consultations, les membres du Conseil de sécurité ont salué les efforts de la MINUAD pour augmenter les patrouilles et restaurer le calme dans le camp de Kalma. Ils ont souligné lé nécessité d'une démilitarisation de ce camp et des autres camps de déplacés au Darfour.

Ils ont également condamné les attaques contre du personnel humanitaire et de l'ONU dans cette région et se sont dits préoccupés par les enlèvements et les intimidations.

Les membres du Conseil se sont dits préoccupés par les restrictions d'accès pour les humanitaires au Darfour. Ils ont enfin appelé toutes les parties à rejoindre le processus de Doha, pour régler leurs différends à travers le dialogue.

 

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