Marée noire au Nigéria : le PNUE dément avoir terminé son enquête

23 août 2010

Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) a démenti lundi dans un communiqué des informations publiées récemment par la presse, selon lesquelles une de ses enquêtes aurait conclu que 90% de la pollution pétrolière dans le Delta du Niger est le résultat d'actes de vandalisme des communautés locales.

A la demande du gouvernement du Nigéria, le PNUE mène depuis plusieurs mois une enquête sur l'origine des fuites de pétrole qui ont pollué le pays Ogoni, dans le delta du Niger, ces dernières années.

L'enquête du PNUE a nécessité des efforts sans précédent pour étudier l'emplacement, la nature, l'étendue et l'impact environnemental des pollutions pétrolières dans cette région du Nigéria. Elle doit permettre de lancer ensuite des programmes ciblés de nettoyage des sites contaminés, pour que les communautés locales puissent continuer à vivre sans danger sur leurs terres et dans un environnement dépollué propre à un développement durable.

Dans son communiqué, le PNUE indique que ses équipes scientifiques déployées sur le terrain auront terminé en octobre prochain de prélever des échantillons d'eau, de terre, de sédiments, de végétaux, d'animaux et d'air nécessaires aux analyses en laboratoire.

Le PNUE rappelle qu'il ne publie aucun résultat partiel, mais « attend la publication début 2011 du rapport final compilant tous les résultats des analyses scientifiques et présentant des options concrètes au gouvernement du Nigéria et à toutes les parties intéressées pour mener à bien les opérations de nettoyage ».

Ces dernières semaines, des médias ont en effet indiqué que le PNUE avait conclu que 90% des déversements d'hydrocarbures dans le pays Ogoni du delta du Niger, étaient le fait d'activité criminelle et du « bunkering » - activité consistant au perçage illicite d'oléoducs pour détourner une partie du pétrole qui y transit.

Le PNUE rappelle donc que s'il a publié ces données, il a « clairement indiqué que ces chiffres étaient des estimations officielles du gouvernement du Nigeria, basées en partie sur les données fournies par l'industrie pétrolière ».

L'agence de l'ONU souligne donc que ces données « ne constituent absolument pas les conclusions de l'enquête menée par le PNUE », qu'elles « n'entrent pas non plus en compte dans l'évaluation à laquelle se livre actuellement le PNUE et dont les conclusions officielles seront connues début 2011 ».

Le PNUE souligne également que tout lien qui pourrait être fait entre l'enquête menée par le PNUE et ces données provenant du gouvernement du Nigéria est erroné, comme les responsabilités qui pourraient être attribuées sur la base de ces données.

Pour conclure, le PNUE demande que « toutes les parties à l'intérieur et à l'extérieur du Nigéria reconnaissent ce fait et respectent l'équipe et le travail scientifique en cours », réalisé « en toute indépendance, intégrité et transparence ».

Il rappelle aussi « la confiance dont il jouit auprès de la communauté internationale, après être intervenu dans de nombreuses régions difficiles du monde, comme les Balkans, l'Afghanistan, la bande de Gaza ou le Soudan ».

Pour assurer l'indépendance et l'intégrité de l'enquête en cours, son financement a été négocié avec le gouvernement du Nigéria et la banche nigériane de la société Shell Petroleum Development Company (SPDC). Conformément au principe du pollueur-payeur, c'est Shell qui prend en charge le coût de cette enquête du PNUE, estimé à 9,5 millions de dollars.

 

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