En RDC, 900.000 déplacés internes sont rentrés chez eux

13 août 2010

Le retour d'une certaine stabilité dans la province Nord-Kivu, à l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), depuis avril 2009, a permis à 900.000 déplacés internes de rentrer chez eux. Sur les sept camps que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) gérait dans cette région où forces gouvernementales et groupes rebelles se sont longtemps affrontés, six sont désormais fermés.

Le retour d'une certaine stabilité dans la province Nord-Kivu, à l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), depuis avril 2009, a permis à 900.000 déplacés internes de rentrer chez eux. Sur les sept camps que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) gérait dans cette région où forces gouvernementales et groupes rebelles se sont longtemps affrontés, six sont désormais fermés.

Au début de l'année 2009, l'ampleur des déplacements de populations civiles à l'est de la RDC inspirait les plus vives inquiétudes à la communauté humanitaire. L'Est de la RDC comptait plus de 1,5 million de déplacés internes, dont 900.000 au Nord-Kivu. Un an et demi plus tard, ils sont quasiment tous rentrés chez eux, à l'instar de Mwabu Mlau, 58 ans, qui entrevoit la fin de quinze années de souffrance et de déplacement forcés.

Mwabu est rentré l'année dernière à Kimoka, à 30 kilomètres au sud-ouest de Goma, la capitale du Nord Kivu. Ce n'est pas son village natal, mais il y a vécu pendant plusieurs années, avant que la reprise des combats en 2007 ne le conduise une nouvelle fois dans un camp de déplacés. A son retour, Mwabu a trouvé sa maison détruite.

« La forêt avait repris ses droits, mais le conflit était terminé et j'étais très content, comme les autres, de pouvoir rentrer », raconte-t-il, en mettant la dernière touche à sa maison qu'il a commencé à reconstruire il y a sept mois. Ses quatre enfants, eux, ont grandi pendant toutes ses années d'errance, ils construisent maintenant leur propre maison, pas très loin de celle de leurs parents.

Particulièrement touchée par les derniers combats en 2007-2008, la région de Kimoka offre aujourd'hui un nouveau visage. Les villageois rentrés chez eux travaillent dans les champs, construisent des maisons, nettoient les routes. De nouveaux magasins ont ouvert. Des plantations de haricots, de manioc ou de maïs ont remplacé les terrains en friche.

Doucement, la vie a repris ses droits à Kimoka et dans le Nord-Kivu, même si les conditions de vie restent précaires et le calme fragile, comme l'avait rappelé fin juillet, le Haut Commissaire pour les réfugiés, António Guterres, et la Directrice du Programme alimentaire mondial (PAM), Josette Sheeran, en visite à Kimoka.

Ils s'étaient également rendus dans des endroits moins sûrs du Nord-Kivu, en particulier à Nyanzale, au sud ouest de Goma, sur la ligne de front des combats entre forces gouvernementales et rebelles du Front démocratique de libération du Rwanda. Aux responsables onusiens, les Congolais qui ont fui cette zone ont raconté les exactions des différents groupes rebelles : exécutions sommaires, viols, pillage, enlèvements.

Et même si beaucoup d'entre eux ne sont qu'à quelques kilomètres de leur village, parfois quelques minutes de marche, pas question d'y retourner tant que des rebelles sont dans la zone.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

RDC : le navigateur Titouan Lamazou s'engage dans la lutte contre les violences sexuelles

Le navigateur et artiste français Titouan Lamazou et son organisation non gouvernementale (ONG) Lysistrata participe depuis le mois juillet à la lutte contre les violences sexuelles et l'impunité dans le Nord-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), en partenariat avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).