Caraïbes : l'ONU célèbre l'identité des Indiens tainos

9 août 2010

A l'occasion de la Journée internationale des populations autochtones, des courts-métrages réalisés par des autochtones sur leurs peuples ont été projetés lundi au siège de l'ONU à New York. Parmi les quatre films projetés, le film d'Alex Zacarias intitulé 'Puerto Rico : Tainos Indians counted out of existence' est centré sur la population taino qui avait été presque entièrement éradiquée lors de la conquête espagnole au 15e siècle.

Les Tainos vivent principalement sur l'île de Porto Rico, dans les Caraïbes. Longtemps considérée comme inexistante, la population Tainos a souffert de la négation de son existence. « Il y a des gens qui disent que nous n'existons pas, c'est une injustice », déplore un membre de la population taino dans le film. « Nous sommes comme des fantômes au sein de la population portoricaine », ajoute-il.

Selon les témoignages du court métrage, ces populations ont été torturées, réduites à l'esclavage et éradiquées par les Espagnols au 15e siècle. Les quelques survivants se seraient refugiés dans les montagnes, ce qui a pu garantir la survie de la civilisation taino sur cette île des Caraïbes.

« Lorsque ce sont les autres qui déterminent votre identité, qui déterminent votre histoire, vous perdez vos droits. Vous perdez une part de vous-mêmes », a expliqué au Centre d'actualités Roberto Mucaro Borrero, Président du Comité des ONG de la décennie internationale des Nations Unies des populations autochtones.

Un scientifique interrogé dans le film explique que 61% de la population portoricaine détient un gène indien. De quoi faire taire les détracteurs de l'identité taino et l'occasion pour l'un d'entre eux d'affirmer que « dans chaque métis, il y a un indien qui dort ou un indien qui attend de ré-émerger ».

« Je pense que l'ONU joue un rôle crucial parce qu'elle permet de montrer au monde entier l'histoire des Tainos. Souvent les autorités locales et nationales sont passives », a ajouté Roberto Mucaro Borrero.

En avril dernier, l'ONU avait organisé deux semaines de débats sur les différents problèmes rencontrés par les populations autochtones dans le monde entier. Les articles 3 et 32 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones avaient largement occupé les débats.

L'article 3 énonce que « les peuples autochtones ont le droit à l'autodétermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel ». L'article 32 définit le droit des peuples autochtones « d'établir des priorités et des stratégies pour la mise en valeur et l'utilisation de leurs terres ou territoires et autres ressources ».

La défense des droits fondamentaux commence par la reconnaissance de son identité, souligne l'un des Tainos du film. « Nous disposons du droit à l'autodétermination, le droit de nous organiser pour revitaliser notre culture », a-t-il conclu.

Trois autres courts métrages ont également été projetés. L'un sur les Inupiaq d'Alaska, l'un sur les Sami de Suède et le dernier sur différentes populations autochtones au Brésil.

 

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