Les peuples autochtones doivent être mieux protégés par les Etats

9 août 2010
Une femme de la tribu Ndebele au marché de Kwadlaulale, en Afrique du Sud.

Les peuples autochtones continuent de souffrir « du racisme », « d'un manque de soins de santé » et « de la pauvreté », a déploré lundi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à l'occasion de la Journée internationale des populations autochtones.

« Dans beaucoup de sociétés, leur langue, leur religion et leurs traditions culturelles sont stigmatisées ou occultées », a déclaré Ban Ki-moon dans un message. Le Secrétaire général a appelé les Etats à mieux protéger ces populations.

Le premier rapport jamais établi par les Nations Unies sur l'état des peuples autochtones a été publié en janvier 2010 : « il donne des statistiques alarmantes », s'inquiète le Secrétaire général.

Dans certains pays, les peuples autochtones sont 600 fois plus exposés au risque de contracter la tuberculose que le reste de la population. Dans d'autres pays, un enfant autochtone peut s'attendre à mourir 20 ans plus tôt qu'un de ses compatriotes non autochtones, indique le rapport de l'ONU.

« C'est aux peuples autochtones qu'on doit d'avoir préservé une grande partie de l'histoire culturelle de l'humanité. À eux seuls, ces peuples parlent la grande majorité des langues existant dans le monde et ont hérité, avant de les transmettre, d'une profusion de connaissances, de formes artistiques et de traditions religieuses et culturelles », a expliqué Ban Ki-moon en soulignant que l'ONU réaffirme son « attachement à leur bien-être ».

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée en 2007 par l'Assemblée générale, propose une liste des principales mesures que les gouvernements devraient adopter pour l'amélioration « des relations avec les peuples autochtones » et pour la protection de « leurs droits fondamentaux ».

Cette année, le thème de la Journée internationale des peuples autochtones, est le cinéaste autochtone qui, « par son œuvre, ouvre une embrasure sur ces populations, leur culture et leur histoire », a dit le chef de l'ONU.

« Le travail de ces cinéastes nous montre leurs systèmes de croyance et leur philosophie; il capte à la fois la vie quotidienne et l'esprit des peuples autochtones. Au moment où nous célébrons leur contribution, j'appelle les gouvernements et la société civile à honorer l'engagement qu'ils ont pris de faire progresser partout dans le monde la situation des peuples autochtones », a-t-il conclu.

La Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a également déploré lundi la situation des peuples autochtones qui voient leurs droits fondamentaux bafoués. « Non à la complaisance, les peuples autochtones continuent de souffrir », a-t-elle affirmé.

« Les violations continues des droits des peuples autochtones, dans toutes les régions du monde, méritent notre plus grande attention et action », a-t-elle affirmé.

« Le décalage entre les principes énoncés dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et leur mise en œuvre demeure important, car les peuples autochtones continuent de souffrir de la discrimination, de la marginalisation dans des domaines tels que la santé et l'éducation, la pauvreté extrême, la négligence de leurs préoccupations environnementales, la dépossession de leurs terres traditionnelles et l'exclusion de la participation effective aux processus de prise de décisions », a déploré la Haute commissaire.

« Nous devons redoubler nos efforts afin de construire un véritable 'Partenariat dans l'action et la dignité' - le thème choisi par l'Assemblée générale des Nations Unies pour la deuxième décennie internationale des peuples autochtones - comme nous travaillons ensemble à la pleine réalisation des droits affirmés dans la Déclaration sur les droits des peuples autochtones pour la survie, la dignité et le bien-être des peuples autochtones dans le monde », a dit Navi Pillay. « Tenir cette promesse est notre obligation », a-t-elle conclu.

De son côté, le Rapporteur spécial pour les populations autochtones, James Anaya, a exhorté les États à engager « des réformes légales et pragmatiques » pour améliorer le quotidien de ces peuples.

« Les populations autochtones continuent de voir leur terres traditionnelles envahies par des acteurs puissants guidés par le profit ce qui les empêchent de continuer de vivre selon un mode de vie durable », a expliqué le Rapporteur spécial.

« Mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones amènera une justice historique à ces populations trop souvent ignorées par l'humanité », a dit l'expert indépendant.

Il a appelé les États à respecter « l'égalité, l'auto-détermination et le respect de la diversité ».

 

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