Israël-Liban : après l'échange de tirs, l'ONU organise une rencontre tripartite

4 août 2010
Tour d'observation d'ONU près de la Ligne bleue à la frontière entre le Liban et Israël.

Après l'échange de tirs meurtrier survenu mardi entre l'armée israélienne et l'armée libanaise à proximité de la localité d'Aadaissé, au Sud Liban, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a organisé mercredi une rencontre tripartite avec des représentants des deux armées.

« Le Commandant de la FINUL, le général Alberto Asarta Cuevas, a appelé à la tenue d'une rencontre tripartite extraordinaire », a fait savoir mercredi un porte-parole de la FINUL. « Cette rencontre a pour but de répondre à la situation grave qui s'est développée ces deux derniers jours afin de prévenir le retour d'une telle situation », a-t-il ajouté.

La réunion tripartite entre représentants de l'ONU, de l'armée israélienne et de l'armée libanaise s'est déroulée mercredi soir au point de passage de Ras Al Naqoura au Sud Liban. Le Coordonnateur spécial de l'ONU pour le Liban, Michael Williams, était également présent.

"L'échange de tirs a commencé bien que nous ayons fait notre mieux pour l'empêcher", a dit le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, lors d'un point de presse à New York. Il a précisé que la FINUL avait négocié un cessez-le-feu pour mettre fin aux tirs.

Selon lui, l'incident de mardi est "le plus sérieux" depuis 2006. Il a estimé que l'existence d'un mécanisme tripartite réunissant la FINUL, Israël et le Liban, était un "succès important". Il s'est félicité que les deux parties aient accepté la proposition de l'ONU d'une réunion tripartite urgente.

Lors de cette réunion, la FINUL a présenté aux deux parties les résultats préliminaires de son enquête sur l'incident. Elle les a appelées à exercer un "maximum de retenue" et à "éviter toute action qui pourrait accroître les tensions", a dit la force onusienne dans un communiqué.

"Nous avons eu une réunion constructive", a dit le général Asarta. "J'ai souligné l'importance de garantir le plein respect de la Ligne bleue par toutes les parties."

Selon la presse, les violences ont commencé quand des soldats libanais ont ouvert le feu sur des militaires israéliens essayant de déraciner un arbre, qui se trouvait en territoire libanais, d'après le Liban, en territoire israélien, d'après Israël.

« Les enquêteurs de la FINUL se sont rendus sur le terrain et ont commencé l'enquête. Les recherches sont toujours en cours », indique la force onusienne. « Cependant, la FINUL a établi, que les arbres coupés par l'armée israélienne sont situés au sud de la Ligne Bleue du côté israélien », ajoute-t-elle.

« Dans cette zone, le gouvernement libanais avait quelques réserves concernant la Ligne Bleue, comme le gouvernement israélien en a à d'autre endroits », précise la force des Nations Unies. Le Liban et Israël ont confirmé au Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, « qu'en dépit de leurs réserves », les deux pays « allaient respecter la Ligne ».

Le respect de la Ligne Bleue est l'un des points les plus importants de la résolution 1701 du Conseil de sécurité qui a mis un terme en 2006 au conflit entre Israël et le mouvement libanais Hezbollah.

Mardi, Ban Ki-moon a appelé les deux parties « à un maximum de retenue » et s'est dit « très préoccupé par l'échange de tirs entre les Forces de défense israélienne et l'Armée libanaise ». Le chef de l'ONU a également « regretté la perte de plusieurs vies humaines » lors de cet incident, « le plus grave qui soit survenu entre les deux pays depuis la résolution 1701 du Conseil de sécurité ».

Selon la presse, les échanges de tirs ont provoqué la mort de deux militaires et d'un journaliste libanais et d'un haut-gradé israélien.

 

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