Irina Bokova veut réformer l'UNESCO pour lui redonner une place centrale

29 juillet 2010
La directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova.

Neuf mois après son élection à la tête de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova s'est fixée comme priorité de réformer en profondeur la plus ancienne organisation de l'ONU pour la rendre plus efficace, plus visible et pour qu'elle retrouve une place centrale dans le système des Nations Unies.

Neuf mois après son élection à la tête de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova s'est fixée comme priorité de réformer en profondeur la plus ancienne organisation de l'ONU pour la rendre plus efficace, plus visible et pour qu'elle retrouve une place centrale dans le système des Nations Unies.

« Beaucoup de changements sont à venir », prévient-elle dans un entretien accordé au Centre d'actualités. « L'UNESCO est une structure très bureaucratique, parfois lourde dans son fonctionnement ».

Irina Bokova défend une organisation « plus flexible, plus dynamique, mieux coordonnée ». Elle veut diminuer les coûts administratifs de fonctionnement et transférer une partie des ressources financières sur des programmes d'action. Elle s'apprête à lancer une restructuration profonde des services financiers et budgétaires, tout en travaillant sur les moyens de mieux mettre en valeur les actions de l'UNESCO sur le terrain.

Mme Bokova est la première femme à occuper le poste de chef de l'UNESCO et lors de sa campagne pour se faire élire, elle avait insisté sur la place des femmes dans l'organisation. « D'ores et déjà, les femmes représentent la moitié de mon équipe de collaborateurs. Cette tendance va continuer dans les différents départements et aux différents niveaux de l'organisation », explique-t-elle.

Elle a ainsi déjà restructuré en partie le Secrétariat, en rattachant à la Direction générale la Division chargée de l'égalité des sexes jusqu'à présent partie intégrante du Département de la planification. « C'est à la fois pour trouver plus d'efficacité mais aussi pour adresser un message fort sur l'importance de ce défi et son caractère prioritaire », souligne-t-elle.

Parmi ses priorités, il y a aussi la communication. Alors que d'autres agences onusiennes sont très visibles parce qu'elles interviennent dans des situations de crise couvertes par les médias, l'UNESCO est plus discrète, moins connue du grand public.

Mme Bokova reconnaît un problème « d'image, de communication » mais rappelle que l'UNESCO intervient en amont des conflits et des crises, ce qui « implique un travail et des actions moins médiatiques, mais qui s'inscrivent aussi sur le long terme ».

L'UNESCO veut mieux faire connaître ces actions qui ont « un impact concret dans la vie quotidienne des gens », explique-t-elle. « Nous avons déjà eu des rencontres avec des chaînes de télévision pour des programmes en partenariat avec elles. Il y avait déjà des coopérations avant mon arrivée, avec le Brésil ou le Japon. Je souhaite que cela devienne la norme ». Elle a déjà signé quelques accords lors d'une visite récente en République de Corée et l'UNESCO travaille avec des grandes internationales comme Al Jazira.

Et quand on évoque d'éventuelles résistances à cette politique de réformes, Irina Bokova n'est pas inquiète. « Dans l'ensemble, le personnel et les Etats Membres sont prêts. Il y a un esprit de changement très encourageant », estime-t-elle.

 

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