De jeunes réfugiés soudanais finalistes d'un concours musical au Japon

27 juillet 2010

Organisé à l'initiative d'un musicien japonais très populaire dans son pays, avec le soutien du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le concours « Camp Beat Music » offre à des réfugiés d'Afrique de l'Est l'occasion de montrer leurs talents musicaux et d'oublier un peu un quotidien difficile.

Organisé à l'initiative d'un musicien japonais très populaire dans son pays, avec le soutien du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le concours « Camp Beat Music » offre à des réfugiés d'Afrique de l'Est l'occasion de montrer leurs talents musicaux et d'oublier un peu un quotidien difficile.

Au départ, il y a un guitariste japonais, Yujin Kitagawa, membre du duo Yuzu, qui découvre lors d'une visite dans trois camps de réfugiés de Dadaab, dans l'est du Kenya, le talent musical de quelques uns de leurs habitants.

De retour au Japon, le jeune musicien se rapproche de l'association de collecte de fonds « Japan for UNHCR » et de l'organisation humanitaire « FilmAid ». Son idée : accroître la notoriété des réfugiés les plus talentueux hors des frontières du Kenya, tout en collectant des fonds destinés aux structures d'éducation des camps de réfugiés.

De ce partenariat va naître « Camp Beat Music », un concours organisé dans les camps pour sélectionner les meilleurs musiciens ou chanteurs et leur offrir la possibilité de se rendre dans la capitale kenyane, Nairobi, pour y enregistrer une séquence vidéo présentant leur musique au public japonais, appelé ensuite à voter par Internet.

A la fois source de divertissement et opportunité d'exprimer une passion, le concours a séduit des centaines de réfugiés de Dadaab lors de son lancement en début d'année. Vingt et un groupes et chanteurs solistes sont finalement sortis du lot, après plusieurs étapes de sélection et d'élimination, parmi lesquels trois finalistes, des formations composées de réfugiés soudanais, congolais et somaliens.

« La musique, c'est vraiment sympa. Quand j'écris des paroles ou quand je chante, je me sens bien, j'oublie mes problèmes », raconte Joséphine Poni Daniel, âgée de 16 ans, la chanteuse de l'un des groupes finalistes : Golden Blue Girls. Sa sœur, Scovia, en fait aussi partie, ainsi qu'une amie, Silvia Deva, et un jeune pianiste, Emanuel Sida.

Les quatre se connaissaient en fait avant d'arriver à Daddab. Ils appartenaient au chœur de l'église de Kajo Keji, un village du Sud Soudan, avant d'être obligés de fuir les combats dans cette région en 2000 et de se retrouver à Dadaab, scolarisés dans le même établissement secondaire.

L'éducation est d'ailleurs la priorité absolue du quatuor. C'est même le sujet de la chanson qui leur a permis d'accéder à la finale du concours. « Dans les camps, il n'y a pas assez d'eau et de vivres, il fait très chaud, les gens n'ont rien à faire, ils perdent espoir », raconte le pianiste du groupe, Emanuel, pour qui ce concours est une véritable bouffée d'oxygène.

Pour Joséphine, ce qui est important, « c'est que le monde connaisse la beauté de l'Afrique ». « Quand les Occidentaux entendent parler de l'Afrique, ils ne pensent qu'aux guerres, à la famine. En fait, l'Afrique c'est tellement plus. C'est l'amour, la beauté, les couleurs magnifiques et la musique. Je crois que ceux qui écouteront notre chanson le comprendront mieux », explique-t-elle.

Et même si on ne saura qu'au début du mois d'août si le groupe Golden Blue Girls a remporté le concours, ses membres, eux, sont déjà dans des rêves plus grands encore.

« Nous voulons être une source d'inspiration pour le monde », raconte Joséphine. « Nous voulons sortir un album et devenir célèbres à travers le monde », renchérit sa petite sœur, Scovia. « Si notre carrière musicale ne décolle pas, je serai Présidente du Sud-Soudan », conclut enfin, sourire aux lèvres, la troisième jeune fille du groupe, Silvia.

 

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