Darfour : les chances d'un règlement négocié se sont améliorées

27 juillet 2010

Le processus de paix au Darfour (Soudan) se trouve à un moment décisif alors que les chances d'un règlement négocié semblent s'être légèrement améliorées, a estimé mardi le Représentant spécial conjoint de la Mission de l'Union africaine et des Nations Unies au Darfour (MINUAD), Ibrahim Gambari, devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

« La société civile est maintenant plus que jamais impliquée dans les pourparlers de paix, le gouvernement du Soudan montre un engagement renouvelé à l'égard des négociations, et les dirigeants des mouvements d'opposition armée participent à ces pourparlers ou bien expriment leur intérêt à y participer », a déclaré M. Gambari devant les 15 membres du Conseil lors d'une séance consacrée au Darfour.

Selon lui, un accord global, accompagné d’une amélioration de la situation en matière de sécurité, est d’une importance vitale pour permettre à la MINUAD de mettre en œuvre ce qui constitue le cœur de son mandat, c’est-à-dire protéger les civils et faciliter la distribution de l’assistance humanitaire.

Ibrahim Gambari a jugé « profondément regrettable » que deux des principaux mouvements d’opposition armée, le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) et l’Armée de libération du Soudan (ALS) -Abdul Wahid, soient absents de la table de négociations.

Il a appelé le Conseil de sécurité à continuer de soutenir les efforts destinés à s’attaquer aux causes profondes du conflit au Darfour. Il lui a demandé de renouveler son appel au JEM à rejoindre les pourparlers de paix de Doha, et à l’ALS-Abdul Wahid, à y participer, sans conditions préalables, « afin de conclure et finaliser un accord de paix avant la fin de cette année. »

Ibrahim Gambari a souligné que la situation en matière de sécurité ne s’était pas améliorée ces derniers mois au Darfour. « Des combats entre des forces gouvernementales et le JEM continuent d’être une source importante d’insécurité dans plusieurs endroits du Darfour », a-t-il dit. A cela se sont ajoutés des affrontements entre tribus.

« J’appelle le Conseil à peser de tout son poids et à appeler toutes les parties à afficher leur retenue et à éviter toute action qui pourrait compliquer davantage la situation en matière de sécurité et la recherche d’une paix durable au Darfour », a dit M. Gambari.

Le Représentant spécial conjoint a indiqué que la MINUAD était proche d’un déploiement complet, avec 88% de son personnel militaire, 70% des policiers et 75% des civils sur le terrain. Il a rappelé au Conseil de sécurité que la MINUAD avait besoin d’équipements pour mener à bien sa mission. « Pour être pleinement efficace, la MINUAD pourrait bénéficier de davantage de soutien sous forme d’hélicoptères, d’une compagnie de transport et d’une unité de surveillance aérienne, et de la levée des restrictions qui l’empêchent de mener son mandat de manière efficace et de répondre rapidement aux urgences ».

Il a par ailleurs indiqué que deux employés allemands d’une organisation non gouvernementale, qui avaient été enlevés le 22 juin à Nyala, avaient été libérés. « Malheureusement un employé de l’ONG Samaritan’s Purse enlevé au sud de Nyala le 18 mai est toujours en captivité. J’espère que les efforts actuels pour assurer sa libération porteront bientôt leurs fruits », a-t-il dit.

 

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