Amérique latine et Caraïbes : les inégalités sont un obstacle au développement humain

26 juillet 2010

L'Amérique latine et les Caraïbes sont les régions du monde où les inégalités sont les plus marquées, avec dix pays sur quinze pays présentant les niveaux les plus élevés de la planète, selon le premier rapport régional sur le développement humain pour cette région publié par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

L'Amérique latine et les Caraïbes sont les régions du monde où les inégalités sont les plus marquées, avec dix pays sur quinze pays présentant les niveaux les plus élevés de la planète, selon le premier rapport régional sur le développement humain pour cette région publié par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Fortes et persistantes, ces inégalités constituent un obstacle aux progrès en matière de développement humain, ajoute ce rapport intitulé « Agir sur l'avenir : interrompre la transmission intergénérationnelle de l'inégalité ».

Les auteurs de ce document recommandent « des politiques publiques spécifiques, intégrales et efficaces » pour changer la donne. Ils proposent en particulier de concevoir et de mettre en œuvre des mesures qui se concentrent sur trois points essentiels. Les politiques publiques doivent d'une part atteindre ceux qu'elles visent, prendre en considération d'autre part l'ensemble des restrictions engendrées par la pauvreté et l'inégalité, et faire en sorte enfin que les gens se perçoivent comme étant les acteurs de leur propre développement.

Selon le rapport du PNUD, il existe des mécanismes tant au niveau des ménages qu'au niveau des systèmes politiques, qui renforcent la reproduction des inégalités. « Une meilleure compréhension de ces mécanismes permettrait de concevoir des politiques appropriées pour vaincre la pauvreté et réduire plus efficacement l'inégalité dans la région », rappelle le document.

« Le message central de ce rapport est que la réduction de l'inégalité doit constituer la priorité politique dans la région, et que pour la rendre durable, il est nécessaire d'agir sur les mécanismes qui entretiennent les diverses inégalités et les transmettent de génération en génération », a souligné le Directeur régional du PNUD, Heraldo Muñoz, lors de la présentation du rapport.

« Si les pays de l'Amérique latine et des Caraïbes continuent d'être les champions de l'inégalité sur le plan mondial, c'est parce qu'en dépit du fait que la couverture des services publics s'est élargie dans la majorité des pays, les inégalités se maintiennent ailleurs, par exemple, dans les différences d'accès à ces services ou de qualité de ces services », a-t-il ajouté.

Pour Heraldo Muñoz, ce rapport est donc « un appel à rompre le cercle vicieux historique de l'inégalité, à agir aujourd'hui en faveur de l'avenir de nos populations ».

Le document montre également que les femmes et les populations autochtones et de descendance africaine sont les groupes les plus touchés par l'inégalité. A travail égal, les femmes reçoivent ainsi un salaire largement inférieur à celui des hommes. Elles sont également plus présentes dans le secteur économique informel et font aussi souvent face à une double charge de travail. Quant aux membres des groupes autochtones et de descendance africaine, ils sont proportionnellement deux fois plus nombreux que les personnes de descendance européenne à ne disposer que d'un dollar par jour pour vivre.

Le rapport propose également une nouvelle mesure pour montrer à quel point l'inégalité se répercute sur le développement humain. Si elle était prise en compte pour tenir compte des inégalités, l'Indice de développement humain (IDH) des pays de la région Amérique Latine-Caraïbe diminuerait en moyenne de 6 à 19 %.

« L'inégalité est une source de vulnérabilité sociale, c'est pourquoi il est important d'améliorer nos connaissances des facteurs qui expliquent cette inégalité, facteur de ralentissement du développement humain dans cette région et sa persistance d'une génération à la suivante. Cela permettra de proposer un cadre cohérent pour formuler des politiques spécifiques favorables à la dynamique de l'égalité en matière de développement humain », a insisté pour sa part l'Administratrice adjointe du PNUD, Rebeca Grynspan.

Le rapport souligne par ailleurs que les politiques publiques généralement appliquées dans la région se sont concentrées jusqu'à présent sur certains aspects particuliers de la lutte contre la pauvreté, sans tenir compte, par exemple, des situations de manque pourtant liées aux inégalités.

Le document montre également que si les niveaux de revenus et d'éducation sont aussi des facteurs déterminants de la reproduction des situations d'inégalité, d'autres causes structurelles d'origine politique et sociale les expliquent : manque d'égalité des chances, absence d'accès au pouvoir, exclusion, situation d'oppression et de domination liées à l'histoire de ces pays.

« Pour interrompre la transmission de l'inégalité, il faut mettre en œuvre des politiques sociales globales, assorties de moyens financiers avec des structures fiscales plus progressives », a insisté l'un des économistes du PNUD en Amérique latine et aux Caraïbes, Luis Felipe López Calva.

En conclusion, le rapport régional du PNUD sur le développement humain en Amérique latine et aux Caraïbes rappelle que la réduction de l'inégalité contribue à créer des sociétés robustes où la croissance économique et la cohésion sociale se renforcent, alors que les inégalités engendrent de nouvelles inégalités, économiques, sociales et politiques, qui fragilisent les sociétés.

 

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