HCR : la situation au nord du Yémen reste instable

23 juillet 2010

Plus de cinq mois après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu et un mois après la signature d'un nouvel accord de paix entre le gouvernement yéménite et les forces Al Houthi pour mettre fin à la violence et renouer le dialogue politique, la situation dans le nord du Yémen demeure instable, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

Plus de cinq mois après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu et un mois après la signature d'un nouvel accord de paix entre le gouvernement yéménite et les forces Al Houthi pour mettre fin à la violence et renouer le dialogue politique, la situation dans le nord du Yémen demeure instable, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

Quelque 30 personnes ont été tuées au cours de violences survenues dans le nord du Yémen cette semaine, selon les médias.

« Nous estimons que près de 14.000 personnes déplacées internes seulement sont rentrées dans leur région d'origine parmi une population déplacée au Yémen comptant au total plus de 324.000 personnes », a dit une porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d'une conférence de presse vendredi à Genève.

Un grand nombre de personnes craignent des représailles et n'ont nulle part où rentrer du fait de la destruction des maisons et des infrastructures. Le manque de services essentiels, comme les soins de santé, l'éducation et la distribution d'eau dans de nombreuses régions du gouvernorat de Sa'ada décourage également de nombreux déplacés internes à rentrer. Un tiers des déplacés vivent dans le gouvernorat de Sa'ada et la plupart d'entre eux sont accueillis par les communautés locales ou alors ils vivent chez des proches, des amis ou des voisins.

L'équipe du HCR dans la ville de Sa'ada a établi que la ville se remet lentement. Les marchés ont rouvert et, dans certaines écoles, les classes ont recommencé, permettant aux enfants ayant perdu pratiquement un an d'éducation d'être scolarisés à nouveau. Les services de santé dans la ville restent limités, car un grand nombre d'équipements ont été détruits par les combats et de nombreux employés dans le secteur de la santé ne sont pas encore revenus.

« L'accès pour le personnel du HCR reste limité à la ville de Sa'ada et ses proches environs. Nous ne disposons que de peu d'informations sur les besoins humanitaires et la situation au-delà d'un cercle de sept kilomètres autour de la ville de Sa'ada. Le HCR, avec d'autres agences humanitaires, continue à plaider pour un accès sûr et sans entrave à toutes les communautés affectées par le conflit. Globalement, l'insécurité et le manque d'accès à des centaines de milliers de civils, spécialement dans les gouvernorats d'Amran et de Sa'ada au nord du pays, continuent à entraver l'acheminement de l'aide », a dit la porte-parole.

De nombreuses maisons dans le gouvernorat de Sa'ada sont endommagées ou détruites et un travail de rénovation doit être mené pour réhabiliter ces zones. Les civils qui ne sont jamais partis et les rapatriés ont tous besoin d'abri et d'une aide humanitaire. Le HCR prévoit de commencer à distribuer des kits de retour, incluant des vivres, des kits d'outils pour la construction, des bâches en plastique et des kits d'hygiène ainsi que d'autres biens de secours dans les prochaines semaines.

La stabilité et la sécurité sont vitales pour des retours librement consentis, à grande échelle et sûrs vers Sa'ada. Actuellement, les mines antipersonnel constituent toutefois une menace sérieuse. Le HCR est tout spécialement préoccupé par la sécurité des civils qui décident de rentrer spontanément. L'élimination des mines et des munitions non explosées reste une priorité absolue.

Selon la porte-parole, les efforts du HCR pour faciliter les solutions pour les déplacés et les réfugiés au Yémen sont gravement entravés par la crise de financement actuelle. « Nos besoins révisés pour les programmes d'aide aux déplacés et aux réfugiés pour 2010 au Yémen s'élèvent à 52,1 millions de dollars. A ce jour, nous avons reçu 44% des fonds nécessaires », a-t-elle dit.

 

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