Viet Nam : l'enseignement bilingue, clé de l'intégration des minorités

21 juillet 2010

« La plupart des minorités ethniques au Vietnam restent parmi les plus pauvres des couches les plus pauvres », a constaté mercredi l'Experte indépendante de l'ONU sur les minorités ethniques, Gay McDougall, au terme d'une visite de 10 jours au Vietnam consacrée à l'examen de la situation des Droits de l'homme des minorités de ce pays.

« Des problèmes persistants demeurent pour ceux qui appartiennent aux minorités, en dépit de la période de croissance que connaît aujourd'hui le pays, des progrès qu'il fait pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), des avancées réalisées pour éradiquer la pauvreté, et plus généralement du développement économique qu'il connait », a-t-elle expliqué.

L'experte de l'ONU, en poste depuis 2005, a en particulier souligné le problème de l'éducation et le rôle clé qu'elle a à jouer dans la réduction du fossé de pauvreté qui demeure entre ceux qui appartiennent aux minorités et le reste de la population. « Un accès à une éducation de qualité adaptée et la voie à suivre pour offrir le développement à ces minorités et éradiquer la pauvreté. C'est aussi important pour la promotion de leurs cultures, de leurs langages et de leurs identités », a-t-elle insisté.

Parmi les multiples problèmes que les autorités vietnamiennes doivent régler, elle a estimé que l'éducation exclusivement en langue vietnamienne était au sommet des priorités. Avec 54 minorités ethniques ayant chacune leur langue, leur religion, leur culture et leur identité, le Viet Nam doit mettre en place un système éducatif bilingue, proposant un enseignement en deux langues –le vietnamien et la langue de telle ou telle minorité présente dans telle ou telle partie du pays.

Car selon Gay McDougall, en dépit des efforts déployés dans les infrastructures éducatives, les étudiants issus des minorités ont des résultats très mitigés dans la sphère professionnelle. « Les minorités manquent d'opportunités enseignées dans leur langue dés le plus jeunes âge et doivent se battre avec des enseignements dispensés en vietnamien », a-t-elle regretté.

« L'éducation bilingue peut aider les enfants issus des minorités à faire des progrès plus jeunes et leur ainsi offrir des fondations solides et adaptées pour la poursuite de leurs études ». Elle a d'ailleurs cité la réussite d'un projet pilote d'enseignement bilingue mené par le Ministère vietnamien de l'Education et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

Gay McDougall a également rappelé que les droits des minorités incluaient la liberté de pratiquer leurs cultes et religions sans restrictions, la liberté d'association, la liberté d'expression, le droit de se réunir pacifiquement, le droit de posséder et d'exploiter des terres au même titre que tous les citoyens, et le droit de participer entièrement et de manière effective aux prises de décisions les concernant.

En mars prochain, elle présentera au Conseil des Droits de l'homme de l'ONU un rapport récapitulant l'ensemble de ses observations faites lors de sa visite au Viet Nam et des recommandations qu'elle propose pour améliorer la situation des minorités dans ce pays.

 

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