Guantanamo : les Etats-Unis appelés à ne pas transférer deux Algériens risquant la torture

21 juillet 2010
Manfred Nowak, rapporteur spécial sur la torture.

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Manfred Nowak, et l'expert indépendant sur les Droits de l'homme et la lutte contre le terrorisme, Martin Scheinin, ont appelé mercredi le gouvernement américain à ne pas transférer des détenus de Guantanamo vers un pays où ils risquent d'être victimes de tortures, s'inquiétant en particulier du cas de deux Algériens.

« Nous sommes extrêmement inquiets pour la vie de deux détenus algériens qui pourrait être mise en danger si une évaluation correcte des risques qu'ils pourraient encourir en cas de renvoi dans leur pays contre leur volonté n'est pas faite », ont déclaré les experts en soulignant, que deux récentes décisions de la Cour suprême des Etats-Unis avaient autorisé leur transfert vers l'Algérie.

« Alors que nous apprécions les efforts des autorités pour fermer le centre de détention de Guantanamo, l'évaluation des risques doit être un processus sérieux et juste auquel la cour devrait participer », ont ajouté les experts.

Les deux détenus craignent qu'en retournant en Algérie, ils puissent être torturés ou souffrir d'autres formes de mauvais traitements par les services de sécurité de l'Etat ou d'autres acteurs non-étatiques. Ces deux hommes font partie d'un groupe de six Algériens qui sont dans la même situation à Guantanamo.

« Les garanties diplomatiques sont douteuses ou difficiles à gérer et ne peuvent pas se substituer à l'obligation pour le pays qui renvoie d'évaluer les véritables risques que ces individus encourent », ont indiqué les experts en précisant que le gouvernement américain avait obtenu de telles garanties de la part des autorités algériennes.

« Nous avons souvent vu les garanties diplomatiques utilisées par les gouvernements pour contourner l'interdiction absolue de la torture comme énoncé dans l'article de 3 de la Convention de l'ONU contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

« Cela pourrait devenir le premier transfert involontaire de détenus de Guantanamo sous l'administration Obama », ont conclu les rapporteurs spéciaux.

 

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