Crise alimentaire : le PAM renforce son assistance au Niger

20 juillet 2010

Le Programme alimentaire mondial (PAM) va intensifier ses opérations d'assistance alimentaire aux populations du Niger victimes de la sécheresse, alors que près de huit millions de personnes ont perdu leurs récoltes et leurs bétails et se trouvent dans une situation de vulnérabilité extrême.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) va intensifier ses opérations d'assistance alimentaire aux populations du Niger victimes de la sécheresse, alors que près de huit millions de personnes ont perdu leurs récoltes et leurs bétails et se trouvent dans une situation de vulnérabilité extrême.

« La sécheresse au Niger est une catastrophe qui touche des millions de personnes. Nous entamons une course contre la montre pour augmenter l'envergure de nos opérations aussi rapidement que se propage la faim », a déclaré la Directrice Exécutive du PAM, Josette Sheeran, qui a entamé mardi son premier jour de visite au Niger. « Je souhaite voir de mes propres yeux l'ampleur des besoins au Niger et les défis que le PAM doit relever pour renforcer ses opérations auprès des enfants vulnérables ».

La crise alimentaire au Niger s'est sérieusement aggravée depuis les dernières récoltes de septembre 2009. Une étude nationale sur la nutrition et la survie de l'enfant, publiée en juin dernier a révélé que les enfants en bas-âge sont particulièrement menacés par la malnutrition.

« Nous augmentons massivement les opérations destinées à la nutrition des enfants de moins de deux ans. La malnutrition infantile a des conséquences irréversibles sur le développement intellectuel et physique des enfants », a ajouté Josette Sheeran.

Aux côtés du gouvernement et des partenaires non-gouvernementaux, le PAM a progressivement élargi ses opérations de telle sorte qu'aujourd'hui l'agence onusienne projette de nourrir 7,9 millions de personnes d'ici à la fin de l'année. Le PAM fournit des rations de compléments alimentaires hautement nutritionnels comme un mélange fortifié de maïs et de soja et le Plumpy'doz – une pâte à base d'arachide, d'huile, de sucre et de lait, fortifiée en vitamines et minéraux afin de subvenir aux besoins nutritionnels des enfants en bas âge.

« La nourriture que nous fournissons sauve la vie des enfants au Niger », a souligné la Directrice du PAM. « Mais nous prenons également des mesures pour soutenir les familles afin qu'elles aient suffisamment de nourriture, et que les produits nutritionnellement renforcés donnent aux enfants l'apport nutritionnel optimal ».

Le coût des opérations du PAM au Niger s'élève à 213 millions de dollars, dont moins de la moitié a été réuni jusqu'à aujourd'hui. Alors que certaines denrées peuvent être achetées dans les pays voisins, le délai moyen de livraison de produits provenant de pays plus lointains est de deux à trois mois, indique le PAM.

« Pour répondre aux besoins du peuple du Niger, nous cherchons des financements urgents de la part de nos donateurs », a précisé Josette Sheeran. « Les mois d'août et de septembre seront cruciaux, et j'appelle ceux qui nous soutiennent à nous aider à mobiliser les ressources requises pour nourrir les millions de personnes sous-alimentées au Niger ».

Parallèlement, le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA) a lancé mardi un Plan d'Action humanitaire d'urgence révisé dont le financement s'élève à 371 millions de dollars.

Ce montant représente presque le double de la requête initiale de 190 millions. Avec plus de 142 millions déjà reçus ou promis, plus de 229 millions restent à mobiliser.

Selon OCHA, plus de 47% de la population vivent dans une situation d'insécurité alimentaire. La prévalence de la malnutrition a augmenté de 12,3% à 16,7% depuis la dernière enquête menée en 2009, dépassant ainsi le seuil d'urgence de 15%. En moyenne, 6.000 enfants sont admis chaque semaine dans les centres de récupération thérapeutique.

Jusqu'à la fin de l'année, plus de 300.000 enfants de moins de cinq ans risquent de tomber dans la malnutrition aigüe sévère au Niger. Environ 20% d'entre eux, soit plus de 60.000 enfants, souffriront de complications médicales – principale cause de mortalité liée à la malnutrition. Avec la saison des pluies qui s'étend du mois de juin à septembre, les agences de l'ONU sur le terrain s'attendent à une augmentation de la mortalité des enfants touchés par le paludisme, les maladies diarrhéiques ou les infections respiratoires aigües, fréquentes au cours de cette période.

 

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