VIH : l'UNICEF s'inquiète du sort des jeunes en Europe de l'Est et Asie centrale

19 juillet 2010

A l'occasion de la 18e Conférence internationale sur le VIH/Sida qui s'est ouverte dimanche à Vienne, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) tire la sonnette d'alarme sur la situation des jeunes en Europe de l'Est et en Asie centrale où le virus du sida se propage à une vitesse inquiétante.

A l'occasion de la 18e Conférence internationale sur le VIH/Sida qui s'est ouverte dimanche à Vienne, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) tire la sonnette d'alarme sur la situation des jeunes en Europe de l'Est et en Asie centrale où le virus du sida se propage à une vitesse inquiétante.

Exclusion sociale, stigmatisation, manque de prévention et comportement dangereux expliquent notamment que 76% des jeunes séropositifs de ces régions ne reçoivent pas de traitement à l'heure actuelle, selon ce rapport intitulé « Blâme et bannissement ».

Soutenue par le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), la conférence « SIDA 2010 » rassemble près de 20.000 délégués venus du monde entier. Organisée cette année au cœur de l'Europe, elle concentre ses travaux sur l'épidémie en Europe orientale et en Asie centrale, seules régions où la prévalence du virus continue d'augmenter.

Selon le rapport de l'UNICEF, seulement 24% des jeunes touchés par le VIH dans cette partie du monde et qui ont besoin de traitement antirétroviral en reçoivent. L'exclusion associée à l'infection par le VIH/Sida est endémique, qu'il s'agisse d'enfants refusés dans des écoles parce que leur séropositivité est connue, ou d'adolescents marginalisés, notamment utilisateurs de drogue ou se livrant au commerce du sexe pour survivre.

« Beaucoup de jeunes de la région redoutent que ces comportements à risques soient portés à la connaissance de la justice s'ils participent à un test de dépistage, demande un traitement ou participe à tout autre programme de réduction de la criminalité liée à ces comportements », a indiqué la Conseillère principale pour le VIH/Sida en Europe centrale et de l'Est et dans la Communauté des États indépendants, et co-auteur du rapport, Nina Ferencic.

« Une grande partie des adolescents les plus à risque a souvent des difficultés à avoir accès à l'aide médicale et aux prestations offertes aux adultes », a-t-elle ajouté, rappelant une étude récente du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) dans six pays d'Europe de l'Est et d'Asie centrale qui conclut que les personnes infectées « redoutent davantage l'exclusion sociale que les conséquences de la maladie sur la santé ».

Autre facteur qui aggrave encore la situation selon Nina Ferencic, « le fait que des problèmes sociaux, économiques et familiaux conduisent un nombre de plus en plus grand d'enfants à vivre en dehors de l'encadrement parental ». En Europe de l'Est et en Asie centrale, plus d'un million d'enfants vivent dans la pauvreté, hors de toute structure familiale, exposés donc à des comportements dangereux pour subvenir à leurs besoins.

« Les enfants et les adolescents qui sont marginalisés ont besoin d'accéder à des traitements ou des services de santé et de prévention, ils n'ont pas besoin d'une dose de désapprobation », a souligné de son côté le Directeur exécutif de l'UNICEF, Anthony Lake, qui a appelé les gouvernements et les autorités sanitaires des pays concernés à développer des services adaptés pour atteindre ces populations.

Selon le rapport de l'UNICEF, le défi central qui se pose pour endiguer la propagation du VIH/Sida en Europe orientale et en Asie centrale est la nécessité d'accepter une maladie qui touche principalement une population considérée par la société comme « délinquante » ou « antisociale ».

Le rapport montre qu'il existe en fait un grand nombre de jeunes exclus de la société qui ont besoin d'aide et qui attendent du soutien. A la condamnation et l'exclusion, il propose donc de substituer la prise en charge et la compassion.

« Ces enfants ont besoin d'un soutien et de services particuliers qui puissent les atteindre. L'espoir pour l'avenir dépend de nouveaux modèles de services intégrés pour les femmes, les enfants et les jeunes qui sont en train d'être développés à la fois par les organisations de la société civile et des services qui dépendent du gouvernement », a conclu Nina Ferencic.

« Nous ne pouvons pas briser la trajectoire de l'épidémie sans renforcer la protection de l'enfance et de l'adolescence. Nous n'avons pas le droit de leur dérober leur jeunesse. C'est notre responsabilité de nous assurer qu'ils ont accès à des services de prévention et de traitements », a déclaré de son côté le Directeur de l'ONUSIDA, Michel Sidibé.

Dans son allocution devant les délégués, il a aussi insisté sur le fait que cette conférence se déroule « à un moment charnière de la riposte au sida ». Selon lui, il y a des transformations à mettre en œuvre pour briser la trajectoire de l'épidémie, parmi lesquelles l'adoption du dernier traitement antirétroviral 2.0 ou l'amélioration des législations nationales pour empêcher toutes discriminations ou stigmatisations des malades.

Selon le PNUD, l'environnement légal d'un Etat est notamment l'un des facteurs déterminants dans ce domaine. Pour le Directeur VIH/Sida du PNUD, Jeffrey O'Malley, il est aujourd'hui indispensable d'examiner rigoureusement l'impact que les différents environnements légaux ont sur la lutte contre la propagation du virus.

C'est d'ailleurs dans cette perspective qu'une Commission mondiale sur le VIH/Sida et le droit, composée de chercheurs, scientifiques, médecins, juristes, malades, associations de la société civile et représentants de gouvernements, va passer au crible les mesures législatives des Etats, pour mettre en avant les dispositions qui entravent la lutte contre le virus. Elle rendra ses conclusions sous la forme de recommandations dans 18 mois, en décembre 2011.

 

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