Israël et Liban : des progrès nécessaires dans l'application de la résolution 1701

13 juillet 2010

Dans un rapport publié mardi, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, regrette le manque de progrès sur des points clés de la résolution 1701 adoptée en 2006 pour mettre un terme à la guerre opposant Israël au Hezbollah libanais, même s'il note que le Liban et Israël connaissent depuis quatre ans « une période de stabilité parmi les plus longues de leur histoire récente ».

Depuis février, date du précédent rapport du Secrétaire général, « la situation dans la zone d'opérations de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) est restée généralement stable », écrit M. Ban dans ce rapport remis au Conseil de sécurité. Toutefois, la situation reste « fragile », notamment parce qu'un « certain nombre de violations de la résolution 1701 du Conseil de sécurité ont été commises ». Il estime que « les deux parties doivent faire plus pour promouvoir la pleine application de la résolution ».

Parmi ces violations, le chef de l'ONU cite les survols quasi quotidiens du territoire libanais par les forces aériennes israéliennes. Déjà dénoncés par la FINUL et le gouvernement libanais, ils constituent des violations de la souveraineté libanaise et de la résolution 1701 qui doivent « immédiatement cesser », selon Ban Ki-moon. Il exhorte également Israël à « accélérer sans plus tarder » le retrait se ses forces « de la partie nord du village de Ghajar et de la zone limitrophe au nord de la Ligne Bleue » qui délimite la frontière entre les deux Etats.

Ban Ki-moon critique par ailleurs le franchissement à plusieurs reprises ces derniers mois de la Ligne Bleue par des civils libanais, soit par mégarde, quand il s'agissait de bergers ou d'agriculteurs, soit volontairement, quand il s'agissait de manifestations organisées par un ou plusieurs responsables politiques libanais.

Inquiet de ces entorses répétées à la résolution 1701, il « demande aux deux parties de ne ménager aucun effort pour empêcher ces violations, d'agir avec la plus grande retenue et de s'abstenir de toute mesure à proximité de cette ligne, qui risquerait de provoquer des malentendus ou d'être perçue comme une provocation ».

Revenant ensuite sur les accusations portées par Israël selon lesquelles le Hezbollah continuerait de renforcer sa présence et ses capacités militaires au sud du Liban et bénéficierait toujours de transferts d'armes, Ban Ki-moon rappelle « qu'à ce jour, la FINUL n'a ni reçu, ni trouvé de preuves de transferts non autorisés d'armes dans sa zone d'opération ».

Quant aux allégations israéliennes selon lesquelles le Hezbollah aurait reçu des missiles Scud de la Syrie, le Secrétaire général indique que l'ONU « n'est pas en mesure de vérifier ces informations », qui ont pas ailleurs « énormément accru la tension » dans la région, avant de retomber « notamment grâce aux signaux transmis par les responsables israéliens et syriens indiquant clairement leur souhait d'éviter toute confrontation ». Pour Ban Ki-moon cet épisode confirme néanmoins l'importance essentielle pour le Liban de contrôler ses frontières, en vue de faire respecter l'embargo sur les armes à destination des groupes armés, imposé par la résolution 1701.

Concernant les opérations de la FINUL, le Secrétaire général de l'ONU estime que « dans l'ensemble, la FINUL a continué de circuler librement dans sa zone d'opération où elle a effectué près de 10.000 patrouilles par mois ». Dans son rapport, il recense toutefois une dizaine d'incidents qui se sont produits depuis février ; des patrouilles prises à partie pas la population civile, au vol de matériel de la FINUL, en passant par les intimidations ou les menaces à l'encontre de casques bleus.

« Dans l'ensemble, la situation est restée stable et calme », note-t-il quand même. Le Secrétaire général se félicite notamment que le gouvernement d'union nationale en place au Liban depuis six mois ait permis « d'élargir le consensus entre les dirigeants sur le maintien de la stabilité intérieure ». Il salue également le rapprochement entre le Liban et la République arabe de Syrie qui a continué de progresser et constitue un facteur favorable à la stabilisation de la région.

 

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