L'ONU discute de l'impact de la culture sur l'autonomisation des femmes

1 juillet 2010

Le rôle de la culture dans l'autonomisation des femmes et le respect des droits de l'homme a été l'objet d'un vif débat mercredi entre de hauts responsables des Nations Unies, des universitaires et des militants associatifs, au moment où l'autonomisation des femmes est au centre du débat annuel du Conseil économique et social de l'ONU (ECOSOC) qui a démarré lundi à New York.

Le rôle de la culture dans l'autonomisation des femmes et le respect des droits de l'homme a été l'objet d'un vif débat mercredi entre de hauts responsables des Nations Unies, des universitaires et des militants associatifs, au moment où l'autonomisation des femmes est au centre du débat annuel du Conseil économique et social de l'ONU (ECOSOC) qui a démarré lundi à New York.

« Les lois sont importantes, mais elles ne sont pas suffisantes parce que souvent les traditions sont plus fortes que la mise en œuvre des lois », a noté la directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), Thoraya Ahmed Obaid, lors d'un débat organisé par le Département des affaires économiques et sociales de l'ONU et la chaîne de télévision de l'ONU dans le cadre de la série « Face à Face ».

Selon elle, des questions aussi sensibles que la santé reproductive, la sexualité des adolescents et la violence contre les femmes, qui sont en tête de l'agenda du FNUAP, « subissent l'impact de la culture ».

De son côté, la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a admis que « la diversité culturelle est un aspect important de ce qui se passe dans le monde aujourd'hui », mais a estimé que « cela ne devrait pas être une excuse pour violer les droits des femmes. »

La chef de l'organisation non gouvernementale Global Fund for Women, Kavita N. Ramdas, a relevé pour sa part que la culture n'était pas statique mais plutôt en constante évolution, en raison de facteurs internes et externes.

« Dans pratiquement toutes les cultures dans le monde, les femmes ont été utilisées comme des instruments pour conserver, promouvoir et faire avancer les traditions », a-t-elle dit. « En même temps, la culture est trop souvent utilisée comme un voile ou une excuse, ou une chape, sous laquelle on glisse toute une série de maux, dont la violence, les abus et la discrimination ».

Pour sa part, Kwame Anthony Appiah, professeur à l'université de Princeton, a souligné le dynamisme et l'absence d'homogénéité dans les cultures et s'est interrogé sur la dépendance à l'égard de la culture comme réponse à tous les problèmes ».

« Très souvent, les gens disent : 'c'est notre culture', comme si cela était supposé régler la question », a-t-il dit. « Tout d'abord, il n'est pas toujours clair ce qu'est notre culture, et même si c'est le cas, elle évolue ».

 

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