A l'ONU, Geena Davis dénonce l'image négative des femmes dans les médias

30 juin 2010

A l'occasion du débat annuel du Conseil économique et social de l'ONU (ECOSOC) consacré à l'autonomisation des femmes et l'égalité des sexes, l'actrice américaine Geena Davis est intervenue pour dénoncer l'image négative des femmes véhiculée dans les médias et pour les encourager à faire entendre leur voix.

Loin des caméras, l'actrice, qui s'est fait connaître dans le film « Thelma et Louise », se bat passionnément pour s'assurer que les femmes et les jeunes filles sont correctement représentées à la télévision, au cinéma et dans les magazines. Elle rejette l'hyper-sexualisation et les portraits négatifs de femmes dans la presse. Elle a créé sa propre organisation pour lutter contra la discrimination des femmes, « The Geena Davis Institute on Gender in Media ». A 54 ans, Geena Davis est l'une des actrices hollywoodiennes les plus engagées en faveur des femmes.

« Comme actrice, j'ai eu la chance d'être dans des films ayant une résonance particulière pour les femmes, cela a vraiment été une leçon sur le pouvoir de l'image dans les média pour moi », a-t-elle confié lors d'un entretien accordé au Centre d'Actualités de l'ONU.

Il y a six ans, alors qu'elle regardait la télévision avec l'un de ses enfants, Geena Davis a pris conscience de la différence existante entre les portraits de garçons et de filles dans les dessins animés. « J'ai trouvé cela troublant car cela signifie que l'on éduque, génération après génération, des garçons et des filles qui intègrent l'idée selon laquelle les filles occupent des positions inférieures dans la société, qu'elles sont moins importantes, que leurs histoires sont moins intéressantes ».

Devant l'ECOSOC, l'actrice a rappelé que depuis plus d'un demi-siècle, le ratio femmes-hommes dans le cinéma ou la télévision est de 1 pour 3, avant de regretter que « beaucoup de gens ne s'interrogent pas sur le manque de femmes dans ces médias ».

L'actrice a aussi donné les résultats d'une étude menée par son organisation sur les programmes regardés par les enfants de moins de 11 ans de 1990 à 2005. « Il n'y a eu aucun changement, pas amélioration du ratio, ça ne progresse pas ; la tendance générale, c'est que les choses doivent rester telles qu'elles sont », a-t-elle déploré, citant quelques exceptions, comme le dessin animé « Dora l'exploratrice ».

L'actrice a plaidé en faveur du renforcement du rôle et de la place des femmes dans les sociétés, en insistant sur l'importance du travail réalisé par les Nations Unies et ses agences dans la promotion du développement économique et la lutte contre les violences envers les femmes.

« Nous ne voulons pas voir ce travail miné par cette culture de l'hyper-sexualisation et les stéréotypes véhiculés par les médias. Si nous ne prenons pas garde à l'image des femmes, nous allons perdre les bénéfices des progrès réalisés dans l'émancipation des femmes », a-t-elle conclu.

 

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