Le chef du HCR va se rendre au Kirghizistan

29 juin 2010
Des réfugiés ouzbèques dans un camp au Kirghizistan.

Le Haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, se rendra jeudi et vendredi au Kirghizistan, secoué depuis le 10 juin par des violences interethniques qui ont fait près de 200 morts et 2.000 blessés. Sa visite intervient alors que le calme est revenu dans le sud du pays et que les déplacés internes et les réfugiés en Ouzbékistan commencent à rentrés chez eux.

« La situation est calme, les besoins en eau et en nourriture décroissent et les organisations humanitaires se concentrent désormais sur l'aide aux personnes qui rentrent chez elles », a indiqué mardi, la porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), Elizabeth Byrs, à l'occasion d'un point de presse à Genève en Suisse.

Au plus fort de la crise, le nombre de déplacés internes au Kirghizistan avait atteint 300.000 personnes et celui des réfugiés en Ouzbékistan, 80.000. Selon le gouvernement ouzbèk, tous les réfugiés arrivés sur son territoire, dont une écrasante majorité de femmes et d'enfants, sont désormais rentrés chez eux, à l'exception de 395 personnes malades qui ont du être hospitalisés. Principale préoccupation par conséquent des agences onusiennes déployées sur le terrain, les conditions de retour de ces réfugiés, et des déplacés internes au Kirghizistan.

« Dans la plupart des cas, leurs maisons ont été brûlées. Il y a eu des violences, des vols, des intimidations, des séparations familiales qui posent le problème de leur sécurité », a souligné Elizabeth Byrs, qui a cité des chiffres du ministère kirghize de la Santé. Depuis le 10 juin et le début des violences, les hôpitaux du sud du pays ont enregistrés 2.239 consultations médicales, 1.048 hospitalisations et 1.191 visites médicales. Plus de, 1.380 maisons ont par ailleurs été brûlées dans les deux principales villes du sud du pays, Och et Jalalabad où les violences contre la communauté ouzbèk ont été les plus intenses. Il resterait enfin trois camps de réfugiés au Kirghizistan, comptant plus de 600 déplacés internes.

« Les gens qui rentrent sont toujours traumatisés, beaucoup dorment dans des maisons détruites, sans toits », a indiqué de son côté le porte-parole du HCR, Adrian Edwards, qui participait aussi à la conférence de presse à Genève. Plusieurs équipes de son agence se sont en effet rendus dans la périphérie d'Och, la première ville du sud, pour constater que 95% des maisons avaient été détruites.

« Dans ces quartiers, il n'y a pas d'eau, pas d'électricité, pas de services de santé. Beaucoup de gens ont perdu leurs papiers d'identité, volés ou brûlés », a-t-il précisé. Selon les autorités kirghizes, 10.000 personnes seraient déjà rentrées chez elles à Och, chiffre que le HCR n'a pas été en mesure de confirmer, même si l'agence a constaté que plusieurs sites qui accueillaient des déplacés internes avaient disparu.

« Dimanche et lundi, deux avions contenant 80 tonnes d'aide humanitaire sont arrivés à Och et nous travaillons maintenant avec les autorités pour mettre en place un meilleur système de distribution de l'aide », a encore ajouté Adrian Edwards, avant d'indiquer qu'une partie des stocks de matériel envoyé en Ouzbékistan dans les premiers jours qui ont suivi les violences allait également être redirigée vers le sud du Kirghizistan.

Attendu jeudi au Kirghizistan, le Haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, rencontrera à son arrivée les autorités kirghizes, à commencer par le Président kirghize par intérim, Rosa Otunbayeva. Il se rendra vendredi dans le sud, notamment à Och et Jalalabad.

 

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