Un réseau mondial de 'Villes amies des personnes âgées'

29 juin 2010

Face au vieillissement rapide des populations observé dans le monde entier, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé mardi le « Réseau mondial des Villes amies des personnes âgées ». L'objectif est de créer des environnements urbains qui permettent à ces personnes de rester actives, en bonne santé et de continuer à participer à la vie sociale de leur communauté.

Face au vieillissement rapide des populations observé dans le monde entier, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé mardi le « Réseau mondial des Villes amies des personnes âgées ». L'objectif est de créer des environnements urbains qui permettent à ces personnes de rester actives, en bonne santé et de continuer à participer à la vie sociale de leur communauté.

D'ici à 2050, la population mondiale des personnes âgées de plus de 60 ans va doubler, passant à 22%, contre 11% en 2006. L'augmentation du nombre de personnes très âgées devrait être encore plus spectaculaire. Entre 1950 et 2050, le nombre de personnes dépassant les 80 ans passera de 14 millions à 400 millions au niveau mondial. Dans le même temps, le rythme de l'urbanisation restera effréné: d'ici 2030, on estime que trois habitants de la planète sur cinq seront des citadins.

Pour John Beard, Directeur du Département Vieillissement et qualité de vie à l'Organisation mondiale de la Santé, « tous les échelons des gouvernements commencent à réaliser l'importance de la transition démographique. Il y a déjà un certain nombre d'années que l'on recherche des solutions au problème. Le Programme OMS des villes amies des aînés apporte des solutions concrètes à cet égard ».

Si la problématique du vieillissement de la population est jusqu'à présent encore perçue par les gouvernements en termes d'augmentation des dépenses de retraites et de soins médicaux, l'OMS entend mettre l'accent sur les contributions que peuvent apporter les personnes âgées aux sociétés.

« Les personnes âgées sont une ressource vitale, souvent négligée, pour les familles et la société », a indiqué poursuivit John Beard, à l'occasion du lancement du Réseau mondial. « On ne prendra pleinement conscience de cette contribution que si les personnes âgées restent en bonne santé et si les obstacles qui les empêchent de participer à la vie communautaire sont surmontés », a-t-il ajouté.

Le point de départ de l'initiative de l'OMS remonte à 2006, quand l'organisation a recensé les caractéristiques essentielles de l'environnement urbain propices à un vieillissement actif et en bonne santé des populations. Menés dans 33 villes de la planète, les travaux de recherche ont confirmé que le plus important pour les personnes âgées était d'avoir accès aux transports publics, aux espaces de plein air et aux bâtiments, ainsi que de disposer d'un logement adapté intégré à une communauté sociale et de services sociaux, en premier lieu médicaux.

Ces études ont aussi mis en évidence la nécessité de favoriser les liens qui permettent aux personnes âgées de participer activement à la vie de la société, de lutter contre la discrimination fondée sur l'âge et d'offrir de plus grandes occasions de participation citoyenne et d'emploi.

S'il repose sur ces principes, le Réseau mondial va plus loin en demandant aux villes participantes d'entamer un véritable processus de réflexion, d'évaluation et de mise en œuvre de mesures destinées à créer un environnement plus favorable pour les résidents les plus âgés.

Ce Programme encourage les responsables de villes aussi diverses que New York ou Nairobi à réfléchir de façon constructive à la manière d'améliorer la vie des personnes âgées, ce qui devrait permettre d'améliorer la vie de tous. À cette fin, en 2006, les représentants de 33 villes de 22 pays se sont rencontrés et ont examiné huit domaines dans lesquels les villes peuvent favoriser un vieillissement en bonne santé: espaces extérieurs et bâtiments, transports, logement, participation sociale, respect et intégration sociale, participation des citoyens et emploi, communication et information, et services de santé et de soutien communautaire.

Ces rencontres ont débouché sur le lancement de ce Réseau mondial, auquel des dizaines de ville se sont déjà portée candidates. C'est New York qui sera la première, puisque dès mardi, le maire de la ville, Michael Bloomberg, se verra remettre le premier certificat d'adhésion.

L'OMS a, en outre, passé des accords officiels avec le gouvernement français, le réseau irlandais «Ageing Well» (Bien vieillir) et le réseau slovène des villes amies des personnes âgées, pour mettre au point des programmes nationaux sur ce thème. Le Comité national chinois sur le vieillissement a également fait part de son intérêt pour l'élaboration d'un programme, et cinq provinces canadiennes ont lancé des initiatives complémentaires.

 

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