Le HCR inquiet des conditions de vie des réfugiés au Liban

24 juin 2010

En visite au Liban, le Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, a exprimé son inquiétude sur la situation des refugiés qui sont sujets aux « détentions et aux expulsions ».

« La détention ne devrait être imposée que dans des circonstances exceptionnelles lorsque qu'il y a des préoccupations d'ordre sécuritaires », a dit M. Guterres au lendemain d'une rencontre lundi avec le Président libanais, Michel Suleiman, et le Premier ministre, Saad Hariri.

Le Liban n'est pas signataire de la Convention relative au statut des réfugiés de 1951. C'est pourquoi le Chef du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) est préoccupé par le statut « incertain » des réfugiés. La plupart des 9.200 réfugiés que compte le Liban ont fui les conflits d'Iraq et du Soudan.

António Guterres a également souligné l'engagement du HCR pour trouver des solutions durables pour ces réfugiés « y compris la réinstallation » dans un pays tiers, a-t-il précisé.

En visite en Syrie le 20 juin dernier à l'occasion de la Journée mondiale du réfugié, le Haut commissaire avait annoncé la soumission par le HCR de 100.000 demandes de réinstallation pour des réfugiés iraquiens en provenance du Moyen-Orient depuis 2007. Il a toutefois estimé qu'en dépit de cette étape déterminante, davantage devait être fait.

« La soumission de 100.000 dossiers de réfugiés iraquiens pour une réinstallation est un accomplissement majeur. Nombre de réfugiés sont tombés dans l'oubli depuis des années. Ce sera de plus en plus le cas si les Etats cessent de les accueillir dans le cadre de la réinstallation », avait-il indiqué.

Il a également appelé les pays à faire leur possible « pour faciliter un départ rapide des réfugiés dont ils ont accepté la candidature à la réinstallation ». Sur 100.000 dossiers de réfugiés iraquiens soumis depuis 2007, le nombre des départs jusqu'en mai 2010 était de 52.173 personnes, soit environ 50%.

Selon le rapport annuel du HCR publié le 15 juin dernier, 43,3 millions de personnes étaient déplacées de force, par des conflits et des persécutions en 2009, le chiffre le plus élevé depuis le milieu des années 1990. Environ 15 millions de personnes se trouvent dans l'impossibilité de rentrer dans leur pays, estime l'agence.

En 2005, plus d'un million de personnes ont pu être rapatriées volontairement alors qu'en 2009, le HCR n'en a dénombré que 250.000, soit le chiffre le plus faible de ces 20 dernières années. Principale raison : la persistance des conflits et des violences dans leurs pays d'origine.

« L'établissement d'un nouveau gouvernement non-confessionnel en Iraq sera la meilleure manière d'améliorer la sécurité et permettre aux refugiés de rentrer dans leur pays avec dignité », a dit António Guterres à des journalistes lors d'un point presse à Beyrouth, la capitale libanaise.

Pour l'instant, la situation en Iraq « ne permet pas le retour des refugiés », a-t-il estimé.

 

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