Le manque de fonds menace l'aide aux réfugiés palestiniens

22 juin 2010

Au cours d'une réunion de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) qui s'est tenue au Caire, lundi, le Commissaire général de l'agence, Filippo Grandi, a appelé la communauté internationale à combler le déficit de 103 millions de dollars dans son budget.

Au cours d'une réunion de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) qui s'est tenue au Caire, lundi, le Commissaire général de l'agence, Filippo Grandi, a appelé la communauté internationale à combler le déficit de 103 millions de dollars dans son budget.

Filippo Grandi tire la sonnette d'alarme, « sans donations plus généreuses, l'UNRWA va continuer de voir les capacités de payement de ses employés actuels – professeurs, médecins, employés sanitaires, travailleurs humanitaires et autres – baissées ».

« Je vous mets en garde, le manque de fonds va aussi sévèrement compromettre la capacité de l'agence à poursuivre certaines des activités importantes qu'elle mène aujourd'hui, comme sa participation à la reconstruction de Gaza, si le blocus est levé », a encore ajouté le Commissaire général de l'UNRWA. Pour lui, même si les écoles et les centres de santé sont reconstruits grâce à des contributions individuelles directes, « l'UNRWA ne disposera pas des fonds nécessaires pour les gérer, ainsi que pour entraîner et payer leur personnel ».

Reconnaissant ensuite les difficultés posées aux Etats par la crise financière internationale, Filippo Grandi a rappelé les efforts faits par son agence pour réduire les coûts de ses opérations et faire des économies. Il a indiqué que certaines activités avaient déjà été suspendues, faute d'argent, comme par exemple la prise en charge des traitements hospitaliers des réfugiés, même les plus essentiels, comme les scanners pour le dépistage des cancers du sein, les psychothérapies ou les traitements psychiatriques.

« Rien qu'à Gaza, les écoles déjà surpeuplées de l'UNRWA n'ont pas de place pour accueillir 40.000 enfants de nouveaux réfugiés », a-t-il poursuivi, expliquant ensuite que son agence avait là encore suspendu ses programmes destinés aux enfants en difficultés ou handicapés, faute de fonds suffisants.

« Nous réduisons notre aide aux réfugiés les plus touchés par la pauvreté et la marginalisation sociale. Nous avons annulé les dépenses de maintenance et d'entretien des locaux de l'UNRWA, ce qui affecte sérieusement la sécurité et la qualité des services offerts », a-t-il encore indiqué.

Filippo Grandi a ensuite insisté sur les efforts de l'agence qui continue d'avoir « une gestion financière rigoureuse et prudente, intégrant une application complète des mécanismes de comptabilité ».

Pour conclure, le chef de l'UNRWA a estimé que la situation financière de l'agence était « grave », mais que la communauté internationale avait le pouvoir de résoudre. « Si c'est une crise - et il n'y a pas de doute qu'il s'agit bien d'une crise- nous devons y faire face et agir ensemble pour y trouver une solution, en mettant en commun nos forces et relever franchement le défi qui se présente aujourd'hui et se présentera demain ».

L'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient a été créé au lendemain de la première guerre israélo-arabe de 1948, par la résolution 302 (IV) de l'Assemblée générale des Nations Unies, datant du 8 décembre 1949. Son mandat, qui devait être temporaire, a été constamment renouvelé par l'Assemblée générale de l'ONU.

L'UNRWA est de loin la plus grande agence de l'ONU, avec plus de 25.000 employés, dont 99 % sont des réfugiés palestiniens recrutés comme enseignants, médecins, travailleurs sociaux? Elle répond aux besoins essentiels des réfugiés palestiniens en matière de santé, d'éducation, d'aide humanitaire et de services sociaux. Elle est présente dans 59 camps, situés dans la Bande de Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie, au Liban et en Syrie.

L'UNRWA est la seule agence de l'ONU qui soit consacrée à un groupe spécifique de réfugiés, les palestiniens, qui sont par conséquent les seuls à ne pas dépendre du Haut commissariat aux réfugiés (HCR).

 

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