Baisse de la production de coca en Colombie, hausse inquiétante au Pérou

22 juin 2010
Des plants de coca.

L'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a tiré la sonnette d'alarme mardi sur l'augmentation « inquiétante » de la culture de coca au Pérou, sur le point de surpasser la Colombie, premier producteur mondial.

« J'invite le gouvernement péruvien à agir sur tous les fronts pour améliorer l'accès à la santé, pour renforcer la sécurité, proposer des moyens de subsistances durables aux populations, de mettre en place des programmes de prévention et de traitement de la drogue, de renforcer l'application de la loi et la coopération régionale », a déclaré le Directeur exécutif de l'ONUDC, Antonio Maria Costa, à l'occasion de la publication du rapport de l'Office qui synthétise l'état des cultures de coca dans quatre pays andins : Colombie, Pérou, Bolivie et Equateur.

La culture de coca a augmenté de 6,8% en une année atteignant les 59.900 hectares de superficie cultivée au Pérou. En dix ans, la culture a augmenté de 55%.

En Colombie, la culture a diminué de 16% en une année, ramenant la superficie cultivée à 68.000 hectares, soit 60% de moins qu'il y a dix ans, indique le rapport de l'ONUDC.

« Les mesures de police prises par le gouvernement colombien au fil des années, combinant sécurité et développement, portent aujourd'hui leurs fruits », a souligné Antonio Maria Costa.

La coca ne représente plus que 0,2% du Produit intérieur brut (PIB) de la Colombie soit 494 millions de dollars. Les champs de coca sont plus petits et les risques très élevés pour les cultivateurs, qui ne gagnent généralement qu'un dollar par jour, explique le rapport.

En Bolivie, l'ONUDC note une augmentation de 1% des superficies cultivées qui s'étendent sur 30.900 hectares.

« La Bolivie a besoin d'un soutien pour éradiquer la coca et développer les régions de Yunaga et Chapare afin d'offrir une alternative aux populations », a dit le Directeur exécutif de l'ONUDC.

Cependant, la valeur de la coca diminue. Elle représentait en Bolivie, 265 millions de dollars en 2009 alors qu'avec moins de surface cultivée le poids financier de la coca culminait à 293 millions de dollars en 2008.

« Il y a des limites à ce que peuvent faire les gouvernements andins si les gens continuent de sniffer de la cocaïne », a déploré Antonio Maria Costa. « C'est aussi aux gouvernements où l'on consomme de la cocaïne, en Europe et en Amérique du Nord, de prendre leur part de responsabilité et de réduire la demande », a-t-il conclu.

 

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