Plus de 15 millions de réfugiés dans l'impossibilité de "retrouver un chez-soi"

18 juin 2010

A l'occasion de la Journée mondiale du réfugié, dimanche 20 juin, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon rappelle au monde la situation tragique de 15 millions de personnes dans l'impossibilité de rentrer dans leur pays.

« Retrouver un chez-soi », c'est précisément le thème de la Journée cette année. Plus des trois quarts des réfugiés « se trouvent dans les pays en développement que les conflits ou les persécutions ont arrachés à leur foyer », a déploré le Secrétaire général. « Nous ne pouvons qu'observer une tendance inquiétante : la baisse du nombre de réfugiés qui parviennent à rentrer chez eux », a-t-il ajouté.

Le rapport annuel du Haut Commissariat pour les Réfugiés, publié le 15 juin dernier, précise qu'en 2009, 43,3 millions de personnes étaient déplacées de force, par des conflits et des persécutions, le chiffre le plus élevé depuis le milieu des années 1990.

« Pour nombre de réfugiés aujourd'hui, du fait de l'urbanisation galopante, le foyer n'est même plus un camp surpeuplé dirigé par un organisme humanitaire international, mais un simple abri de fortune dans un bidonville en périphérie d'une grande ville d'un pays en développement », a souligné le Secrétaire général.

En 2005, plus d'un million de personnes ont pu être rapatriées volontairement alors qu'en 2009, le HCR n'en a dénombré que 250.000, soit le chiffre le plus faible de ces 20 dernières années. Principale raison : la persistance des conflits et des violences dans leurs pays d'origine.

Selon le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, cette situation s'explique par la persistance des conflits majeurs « en Afghanistan, au Sud-Soudan et en République démocratique du Congo qui ne montrent aucun signe de résolution », alors que « stagnent des conflits pour lesquels nous avions espéré une tendance à la résolution ».

Pour Ban Ki-moon, les réfugiés « font partie des groupes les plus vulnérables de ces villes qui poursuivent leur croissance exponentielle. Ils ont toutes les peines du monde à accéder aux services de base : assainissement, santé et éducation ». Autant de difficultés auxquelles s'ajoutent les conséquences de la crise financière et économique mondiale qui « ne font qu'aggraver le risque qu'ils courent d'être marginalisés et de tomber dans le dénuement le plus complet », a-t-il précisé.

« Nous, membres de la communauté humanitaire, devons adapter nos politiques à ces besoins nouveaux. Pour cela, il nous faut coopérer étroitement avec les gouvernements hôtes pour garantir les services de base, et redoubler d'efforts pour régler les conflits et permettre ainsi aux réfugiés de rentrer chez eux », a souligné Ban Ki-moon.

« Les réfugiés, qui ont été privés de foyer, ne doivent pas être privés de leur avenir », a-t-il conclu.

António Guterres sera en Syrie pour célébrer la Journée mondiale du réfugié, dimanche 20 juin. Vendredi, il a rendu visite à des réfugiés iraquiens et palestiniens accueillis à Al Hassakeh, près de la frontière syro-iraquienne.

L'ambassadrice de bonne volonté pour le HCR, Angelina Jolie, s'est rendue vendredi en Equateur pour constater l'évolution de la situation des réfugiés colombiens. Elle s'était déjà rendue dans le camp de Lago Ario, en Equateur quelques années auparavant.

L'actrice américaine a participé vendredi d'Equateur à un vidéo-tchat avec Antonio Guterres, en Syrie et Hillary Clinton, la Secrétaire d'Etat américaine, à Washington, aux Etats-Unis.

Le 20 juin, le Jet d'eau de Genève, en Suisse, symbole de la capitale humanitaire mondiale, sera illuminé de la couleur bleue des Nations Unies.

Genève se joindra ce jour-là à la ville de New York, qui éclairera en bleu les 30 étages supérieurs du célèbre Empire State Building, ainsi qu'à la ville de Rome dont le monument le plus visité, le Colisée, sera également illuminé de bleu en hommage aux réfugiés.

 

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