Soudan : des progrès menacés par la reprise des affrontements

14 juin 2010

Alors que des progrès sont perceptibles pour l'instauration de la paix au Sud-Soudan et au Darfour, la reprise récente des affrontements menace sérieusement les différents accords de paix, a indiqué lundi, devant le Conseil de sécurité, le Président du Groupe de haut niveau de l'Union africaine sur le Darfour, l'ancien président sud-africain, Thabo Mbeki.

Au Sud-Soudan « les parties concernées ont progressé dans la mise en œuvre de l'Accord de paix global », a expliqué le Représentant spécial de l'ONU pour le Soudan et Chef de la Mission de l'ONU au Soudan (Minus).

Le referendum sur l'autonomie du Sud-Soudan est prévu pour le 11 janvier 2011, a-t-il ajouté. Selon lui, la principale difficulté sera « la proclamation pacifique des résultats ».

Afin de prévenir tous risques de troubles et d'affrontements, Haile Menkerios recommande la mise en place de « commissions pour les référendums » et de procéder « à la démarcation des frontières entre les deux régions ».

« La situation de la sécurité au Sud-Soudan reste une grande préoccupation », a-t-il déploré en faisant référence aux incidents récents qui ont opposé des milices armées.

« Le Soudan est un microcosme de l'Afrique et sa stabilité ou son instabilité sera déterminant », a-t-il dit. « Le pays doit être encouragé et assisté afin d'étendre l'espace démocratique créé lors des récentes élections », a-t-il conclu.

Egalement présent, le Représentant spécial de l'ONU pour le Darfour et Chef de la Mission de l'Union africaine et des Nations Unies au Darfour (MINUAD), Ibrahim Gambari a pour sa part déploré « la reprise des hostilités entre les parties belligérantes ». « La confrontation militaire continuera si la communauté internationale ne prend pas les mesures qui s'imposent », a-t-il prévenu.

Depuis la reprise des combats au mois de mai, la population civile a fui vers la frontière tchadienne. Entre 10.000 et 50.000 personnes ont été déplacées, a indiqué Ibrahim Gambari.

Il a appelé le Conseil de sécurité à encourager les États Membres à soutenir la MINUAD en fournissant du personnel et des moyens logistiques notamment des hélicoptères pour augmenter les capacités de surveillances des zones à risques.

Le Médiateur conjoint des Nations Unies et de l'Union africaine pour le Darfour, Djibrill Bassolé, a pour sa part souligné que « le Gouvernement du Soudan et le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE) ont réaffirmé leur attachement au processus de paix de Doha comme unique cadre des négociations de paix sur le Darfour ».

Afin d'aboutir à « une paix définitive et durable au Darfour, il est impératif d'obtenir l'adhésion de tous les mouvements armés sans exclusion aux pourparlers de paix », a-t-il précisé.

C'est pourquoi, la Médiation poursuivra les consultations avec Khalil Ibrahim, le chef du MJE afin de ramener le groupe à la table des négociations et faire respecter le projet d'accord de cessez-le-feu.

Djibrill Bassolé a appelé les parties à davantage impliquer la société civile dans le processus de paix. La Médiation et le Qatar, avec l'appui de la MINUAD, organiseront, pendant la première quinzaine du mois de juillet 2010, le deuxième Forum des représentants de la société civile du Darfour.

A partir du 24 juin 2010, un groupe d'une centaine de réfugiés et de personnes déplacées prendront part aux négociations de Doha aux côtés des délégations du MJE et du gouvernement soudanais. A l'issue de la rencontre, la Médiation proposera aux parties de signer un protocole d'accord sur les indemnisations, le retour volontaire des personnes déplacées et leur réinsertion économique et sociale.

« Les efforts en faveur d'une paix globale sont perceptibles », a estimé Djibrill Bassolé. « Il revient toutefois au Gouvernement du Soudan de faire d'importantes concessions qui permettront la création d'un réel environnement de sécurité et de justice au Darfour notamment par le règlement des litiges fonciers, la réparation et l'indemnisation des dommages causés par le conflit armé, la réinsertion sociale des personnes déplacées et des réfugiés », a-t-il conclu.

Environ 300.000 personnes sont décédées depuis le début du conflit au Darfour en 2003. Le conflit a provoqué le déplacement de plus de 2,7 millions de personnes.

 

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