La crise humanitaire persiste au Soudan et au Tchad, met en garde l'ONU

4 juin 2010

La détérioration de la crise alimentaire au Sud Soudan pourrait se transformer en catastrophe humanitaire si la communauté internationale ne trouve pas les fonds nécessaires pour permettre aux agences onusiennes et aux Organisations non gouvernementales de renforcer leur aide dans la région. C'est la conclusion tirée par le Secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires, John Holmes, de retour d'une tournée au Soudan et au Tchad.

« Nous faisons face à une détérioration de la situation humanitaire au Sud Soudan, qui place 40% de la population de cette région dans une situation de crise alimentaire sévère ou modérée », a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse au siège des Nations Unies, à New York.

Pour John Holmes, le problème est essentiellement du à une succession de saisons caractérisées par des précipitations très faibles, exacerbée par un regain de violence ethnique qui a fait 700 morts et 90.000 déplacés.

« Les attaques des rebelles de l'Armée de libération du Seigneur (LRA), en particulier dans la partie ouest équatoriale du Sud Soudan, ont compliqué la crise humanitaire », a-t-il expliqué.

Jeudi, le secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires avait déjà rendu compte de cette situation au Conseil de sécurité. Il avait souligné que seulement 26% des 530 millions de dollars réclamés pour financer les opérations humanitaires dans cette région avait été couverts jusqu'à présent, hypothéquant par conséquent sérieusement la suite des opérations d'aide.

Evoquant ensuite devant la presse la situation au Darfour, John Holmes a regretté que « peu de choses aient réellement changé sur le front humanitaire ». « Les efforts de paix n'ont pas porté leurs fruits et les combats dans différentes parties de cette région se poursuivent, causant de nouveaux déplacement de populations », a-t-il expliqué, ajoutant que le banditisme et l'accès difficile à certains réfugiés entravaient le travail humanitaire au Darfour.

John Holmes est ensuite revenu sur la situation dans le pays voisin, le Tchad, où il s'est également rendu.

Selon lui, une seconde crise humanitaire se prépare dans l'ouest du pays où le manque de précipitations l'an dernier s'est traduit par de mauvaises récoltes, des problèmes de malnutrition et d'alimentation pour le bétail.

A l'est du pays, il n'y a pas eu de changements majeurs, selon lui. 260.000 personnes venues du Darfour y sont toujours réfugiées, avec 171.000 déplacés tchadiens qui ont fuit des combats et des affrontements ethniques. A cela s'ajoute encore 57.000 réfugiés de République Centrafricaine qui sont installés dans le sud du pays.

Pour conclure, John Holmes a indiqué que « la situation au Soudan ne s'améliorera pas dans le futur proche, elle pourrait même empirer dans le sud si les pluies sont encore faibles cette année et les incertitudes politiques se poursuivent. Quant au Darfour, la seule solution est un vrai cessez-le-feu et une solution politique durable ».

« Dans les deux régions, parallèlement à l'aide humanitaire, il y a un besoin urgent d'aider les gens pour qu'ils prennent plus en main leur futur et leurs moyens de subsistance dés que la situation politique le permettra », a ajouté pour finri le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires humanitaires.

 

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