La Côte d'Ivoire toujours dans l'impasse politique

3 juin 2010

La Côte d'Ivoire est dans une « impasse politique aussi complexe que délicate », a estimé jeudi devant le Conseil de sécurité le Représentant spéciale de l'ONU pour la Côte d'Ivoire, Choi Young-Jin.

« Depuis le début de la crise il y a huit ans, les retards perpétuels dans la mise en œuvre de nombreux points des accords de paix ont été une source de frustration pour le peuple ivoirien et la communauté internationale », a expliqué Choi Young-Jin devant les 15 membres du Conseil de sécurité.

Divisé en deux parties depuis 2002 à la suite d'une guerre civile qui opposait les forces gouvernementales aux rebelles du nord du pays, le pays est censé organiser des élections nationales depuis 2005. L'échéance a été constamment reportée.

A la fin de l'année 2009, les autorités ivoiriennes sont parvenues à produire une liste électorale provisoire et les candidats à l'élection présidentielle pu être validés. Puis en février 2010, le Président ivoirien Laurent Gbagbo a dissous le gouvernement et la Commission électorale en raison d'un différend sur la production des listes d'électeurs.

Malgré la récente nomination d'un nouveau gouvernement et la mise en place de la nouvelle direction de la Commission électorale indépendante (CEI), « l'impasse politique n'est guère encourageante », a déplore Choi Young-Jin.

Selon le Représentant spécial, le blocage est principalement due « aux trois principaux protagonistes de la crise ivoirienne qui sont aujourd'hui préoccupés par leurs propres intérêts: le camp présidentiel veut la réunification avant les élections; l'opposition veut les élections avant la réunification; et les Forces nouvelles veulent l'identification avant la réunification », a-t-il expliqué.

Les événements de février et mars 2010 ont démontré que « l'échec constant à organiser des élections en Côte d'Ivoire et à concrétiser la réunification du pays contribue à exacerber les tensions et à entraver la normalisation constitutionnelle, politique, économique et sociale », a souligné Choi Young-Jin.

Le Représentant spécial a présenté les résultats de la mission d'évaluation technique sur l'avenir de l'ONUCI. Quatre options ont été envisagées : le renforcement du mandat de l'ONUCI pour organiser les élections, le retrait de la Mission, le maintien du statu quo et la rationalisation du mandat et la configuration de l'ONUCI.

Comme l'avait indiqué le Secrétaire général, Ban Ki-moon dans un rapport sur la situation du pays datant du mois de mai dernier, Choi Young-Jin a recommandé de « maintenir à leur niveau actuel les effectifs des composantes militaire et de police de l'ONUCI jusqu'à la fin de 2010 ».

Si cette recommandation est approuvée par le Conseil de sécurité, « le Secrétariat examinera les progrès accomplis dans le processus de paix et soumettra de nouvelles recommandations sur l'avenir de l'ONUCI avant la fin de l'année », a-t-il conclu.

La semaine dernière le Conseil de sécurité a prorogé d'un mois le mandat de l'ONUCI jusqu'au 30 juin prochain considérant que les recommandations relatives à la révision du mandat de l'ONUCI par le Secrétaire général « doivent être soigneusement examinées ».

 

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