Des experts de l'ONU se penchent sur l'impact de la grippe en Afrique

3 juin 2010

Des ministres africains de la santé et des représentants des agences internationales se sont retrouvés aujourd'hui à Marrakech, au Maroc, pour une rencontre organisée par les Nations Unies et ses partenaires et destinée à discuter de l'impact de la grippe sur le continent.

« Nous savons que la grippe a un impact significatif sur la mortalité en Afrique, mais malheureusement nous manquons de données pour avoir une évaluation précise », a indiqué Keiji Fukuda, le Conseiller spécial pour les pandémies de grippe auprès du Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

« La grippe est souvent vue comme un problème dans les pays tempérés, c'est aussi une menace majeure pour la santé publique dans les pays en développement, dont ceux des zones tropicales », a-t-il ajouté.

Selon l'OMS, les virus de la grippe provoquent des infections du système respiratoire comme la pneumonie, qui est une cause majeure de décès sur le continent africain, en particulier chez les enfants.

Pour l'organisation, il est donc indispensable de renforcer les systèmes de surveillance afin d'être en mesure d'évaluer les effets de la grippe sur le continent.

« L'absence d'informations adéquates, le manque de connaissance sur la maladie et l'existence de besoins sanitaires autres expliquent qu'aucune intervention spécifique n'ait été mise en place pour réduire l'impact de la maladie en Afrique », a regretté la responsable du Programme sur la grippe à l'OMS, Sylvie Briand, qui participe aussi au forum de Marrakech.

L'un des objectifs clés de cette rencontre est de sensibiliser les responsables politiques et sanitaires sur le besoin de renforcer les capacités de surveillance en Afrique. Elle vise aussi à préparer des plans d'intervention et à élaborer des stratégies de réduction du problème de la grippe dans la région.

La rencontre de Marrakech est organisée en partenariat avec l'Alliance africaine contre la grippe, une initiative destinée à faire la promotion de la collaboration et de l'échange d'informations entre les pays et les différents acteurs d'Afrique.

En marge de la rencontre, l'OMS a indiqué, suivant les recommandations de son comité d'urgence, que la pandémie mondiale de grippe aviaire H1N1 n'était pas terminée, bien que le pic pandémique soit passé. « D'un point de vue global, le comité est unanime, la pandémie se poursuit mais la période la plus intense semble être passée dans la plupart des zones du monde », a indiqué la Directrice général de l'OMS, Margaret Chan.

L'OMS appelle quand même tous les pays à rester vigilants et à maintenir leurs systèmes de surveillance et de contrôle en alerte. Elle précise également que la situation sera réévaluée dans le courant du mois de juillet, quand les informations et les données sur l'impact de la maladie pendant l'hiver de l'hémisphère sud seront connues.

L'organisation indique aussi qu'à l'heure actuelle, c'est dans les zones tropicales que le virus H1N1 est le plus actif, notamment dans une partie des Caraïbes et en Asie du Sud, mais sans comparaison possible avec le niveau de juillet 2009. En Afrique, la transmission du virus est à « basse et sporadique » indique aussi l'OMS.

 

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