Brésil: le niveau de violence dans les favelas reste alarmant, selon l'ONU

1 juin 2010

De nombreux Brésiliens, en particulier ceux qui vivent dans les favelas, sont toujours victimes de meurtres et autres brutalités de la part de gangs, de milices, d'escadrons de la mort et de policiers, en dépit des efforts du gouvernement pour mettre un terme à cette violence, a indiqué mardi le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, Philip Alston.

De nombreux brésiliens, en particulier ceux qui vivent dans les favelas, sont toujours victimes de meurtres et autres brutalités de la part de gangs, de milices, d'escadrons de la mort et de policiers, en dépit des efforts du gouvernement pour mettre un terme à cette violence, a indiqué mardi le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, Philip Alston.

« Quand j'ai visité le pays il y a deux ans et demi, j'ai découvert que la police exécutait des suspects et des civils innocents lors d'opérations quasiment militaires, mal préparées et contre-productives dans les favelas », écrit Philip Alston, dans son rapport de suivi sur les progrès réalisés par le Brésil pour réduire ces assassinats.

« Des policiers en congés, opérant en milices ou en escadrons de la mort, exécutaient des civils pour le profit ou au nom de l'autodéfense », ajoute-t-il, regrettant que la situation sur le terrain n'ait « pas dramatiquement changé ». « La police continue de procéder à des exécutions extrajudiciaires à un niveau alarmant » a-t-il déploré.

Passant en revue les initiatives du gouvernement fédéral et des états ces deux dernières années, le Rapporteur spécial note que les efforts du Brésil pour mettre un terme au problème des exécutions extrajudiciaires a produit des effets significatifs dans certaines villes seulement.

« A Rio de Janeiro, Sao Paulo, Pernambuco, des enquêtes ont été lancées et les arrestations de policiers impliqués ont constitué des avancées très positives », explique-t-il, avant de saluer les engagements du gouvernement d'augmenter les salaires des policiers dans les prochaines années. « Il faudra beaucoup plus d'efforts si l'objectif est d'offrir la sécurité escomptée dans les quatre prochaines années », prévient-il néanmoins.

Philip Alston pointe aussi du doigt le manque de progrès dans de nombreuses zones géographiques et en particulier la persistance des « meurtres de résistance », des exécutions policières présentées comme de la légitime défense. « Il y a eu au moins 11.000 "meurtres de résistance" à Rio de Janeiro et Sao Paulo entre 2003 et 2009. Des preuves ont montré que beaucoup de ces actes étaient en réalité des exécutions », ajoute-t-il, estimant que la plupart du temps, ces assassinats ne faisaient pas l'objet d'enquêtes.

Dans son rapport, Philip Alston salue en revanche l'initiative lancée à Sao Paulo et consistant à remplacer les interventions rapides et violentes de la police dans les favelas, au profit d'une présence sur le long terme et de la fourniture de services sociaux. « Le concept des Unités de police pacificatrice (UPP) est une avancée à saluer car elle apporte la perspective d'une sécurité réelle et durable », indique le Rapporteur spécial. Il soulève toutefois le problème du harcèlement des habitants par ces unités relevé dans de nombreux rapports et celui du retard dans la mise ne place des services promis à la population.

« Le gouvernement du Brésil alloue beaucoup de crédits pour sa coopération et son ouverture à l'extérieur, mais beaucoup reste encore à faire pour atteindre ses objectifs de réduction des exécutions policières extrajudiciaires », conclu son rapport.

 

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