Un match de foot en hommage aux survivants des crimes de guerre

30 mai 2010

À la veille de la Conférence de révision du Statut de Rome instaurant la Cour pénale internationale (CPI), organisée à Kampala, en Ouganda, le Secrétaire général de l'ONU a participé dimanche à un match de football en hommage aux survivants de crimes de guerre.

« Vous avez enduré des atrocités indescriptibles, mais vous ne vous êtes jamais laissé écraser. Au lieu d'être écrasé, vous vous êtes battus. Au lieu d'abandonner, vous avez regagné votre dignité », a souligné Ban Ki-moon, à l'issue du match. Les deux équipes étaient composées de victimes de crimes de guerre. Celle du Secrétaire général baptisée « Justice » s'est inclinée 0-1 devant celle du Président ougandais Yoweri Museveni baptisée « Dignité ».

Rappelant que le président ougandais et lui-même s'affrontaient uniquement sur un terrain de foot, Ban Ki-moon a salué l'action de Yoweri Museveni dans la sphère internationale et son soutien ferme aux Nations Unies et à la CPI.

L'Ouganda est l'un des cinq pays dans lequel la CPI enquête sur des crimes de guerre. En 2005, la Cour a émis des mandats d'arrêt contre Joseph Kony, Okot Odhiambo et Dominic Ongwen, chefs du mouvement rebelle de l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA). Ils sont poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, dont des meurtres, des viols, ainsi que l'utilisation d'enfants soldats préalablement enlevés.

Depuis le 24 mars 2010, 111 pays sont États Parties au Statut de Rome de la CPI. Trente sont membres du groupe des États d'Afrique, 15 des États d'Asie, 17 des États d'Europe Orientale, 24 des États d'Amérique Latine et des Caraïbes et 25 des États d'Europe occidentale et autres États.

Plusieurs pays parmi les plus peuplés et les plus puissants du monde n'ont toujours pas reconnu la CPI, dont la Russie, les Etats-Unis, la Chine et l'Inde.

Les auteurs de crimes de guerre et crimes contre l'humanité « doivent savoir qu'il n'y a pas d'impunité, pas de lieux pour se cacher et ne pas répondre de ses actes », a déclaré le Secrétaire général de l'ONU, alors qu'il recevait le Prix « Justitia » au nom des Nations Unis.

« Des tribunaux pour l'ex-Yougoslavie, à ceux pour le Rwanda, en passant par ceux agréés par l'ONU en Sierra Leone, au Cambodge ou au Liban, nous sommes les pionniers d'un nouveau corps de normes internationales : la justice criminelle internationale », a rappelé Ban Ki-moon. Et d'ajouter que la CPI était « l'héritière de cette contribution » et que l'ONU était « fière d'en être un partenaire ».

« Si la CPI a la portée qu'elle doit avoir, si elle représente un moyen de dissuasion et une avenue pour la justice, elle doit obtenir un soutien universel », avait déjà souligné le Secrétaire général dans une tribune publiée la semaine dernière dans le journal indien The Hindu.

« C'est une rupture fondamentale dans l'histoire, le temps de l'impunité est terminé », avait-il écrit, expliquant qu'une ère nouvelle dans laquelle il faut rendre des comptes était lentement en train d'émerger, avec la CPI comme pierre angulaire de ce système global incluant des tribunaux internationaux, des cours mixtes et des poursuites au niveau national ou international.

Après la Conférence de révision en Ouganda, le Secrétaire général s'envolera pour Nice, en France, où il sera l'hôte d'un sommet France-Afrique, en marge duquel il rencontrera de nombreux chefs d'Etat africains.

 

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