L'ONU appelle le Pakistan à protéger ses minorités

28 mai 2010
Les attaques violentes sont devenues fréquentes au Pakistan récemment.

Un groupe d'experts de l'ONU a appelé vendredi le gouvernement pakistanais à protéger d'urgence ses minorités religieuses, après l'attaque de deux mosquées de la communauté des Ahmadis, à Lahore, dans le nord-est du Pakistan, qui s'est soldée par la mort d'au moins 80 fidèles.

« Les membres de cette communauté religieuse sont en permanence confrontés à des menaces, des discriminations et des attaques violentes », ont indiqué le Rapporteur spécial sur la liberté religieuse, Asma Jahangir, le Rapporteur spécial sur les minorités, Gay McDougall, et le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, Philip Alston, dans un communiqué conjoint.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a lui aussi condamné l'attaque, par l'intermédiaire de son porte-parole, Martin Nesirky.

Au Pakistan et dans plusieurs pays du monde, les Ahmadis, qui appartiennent à une secte minoritaire musulmane, ont été déclarés « non-musulmans » en raison de certains de leurs rites et croyances. « Ils sont victimes de restrictions excessives et de discriminations dans de nombreuses institutions ; cela encourage ceux qui cherchent à alimenter la haine et à perpétrer des attaques contre les minorités religieuses », ont insisté les experts.

« Il y a un risque réel que des violences similaires se produisent à moins que les incitations à la haine religieuse contre les minorités, que constituent la discrimination, l'hostilité et la violence, soient éradiquées », ont-ils ajouté, avant d'appeler les autorités pakistanaises à mener une enquête rapide et impartiale pour identifier, juger et punir les auteurs des attaques.

« Le gouvernement doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des membres de toutes les minorités religieuses et de leurs lieux de culte afin d'éviter la répétition de cet incident affreux », ont également demandé les trois experts, qui ont salué la condamnation de ces attaques par des dirigeants pakistanais. « C'est ce qu'il y a de plus important à faire, puisque les nombreux signaux annonciateurs de cette tragédie n'ont pas été proprement pris en compte », ont-ils conclu.

 

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