Colombie : inquiétude sur l'impunité des forces de sécurité

27 mai 2010
Philip Alston, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires.

Les meurtres et l'impunité des forces de police colombiennes sapent les efforts du gouvernement de Colombie dans sa lutte contre les exécutions arbitraires, a estimé le Rapporteur spécial de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, Philip Alston, après avoir enquêté dans le pays en juin 2009.

Les meurtres et l’impunité des forces de police colombiennes sapent les efforts du gouvernement de Colombie dans sa lutte contre les exécutions arbitraires, a estimé le Rapporteur spécial de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, Philip Alston, après avoir enquêté dans le pays en juin 2009.

« Mon enquête a révélé que des membre des forces de l’ordre colombiennes ont commis un nombre important de meurtres arbitraires de manière récurrente dans le pays », a dit Philip Alston lors de la publication jeudi de son rapport d’enquête à Genève en Suisse.

« Même si ces meurtres n’étaient pas commis à la suite d’une politique officielle, j’ai pu constater que beaucoup d’unités militaires étaient impliquées dans ce qu’ils nomment ‘les faux positifs’, une stratégie par laquelle les victimes sont tuées par des soldats pour leurs bénéfices ou profits personnels », a-t-il ajouté.

Les victimes sont d’abord leurrées par les hommes en uniformes et emmenées dans une zone isolée où elles sont abattues. Les soldats feignent ensuite avoir été pris dans un affrontement armé et affirment que la victime est « morte au combat ». Enfin, ils aménagent la scène du crime pour se « couvrir », a indiqué le Rapporteur spécial.

De même, Philip Alston s’est dit inquiet sur la généralisation de l’impunité au sein des forces de sécurité et des anciens paramilitaires. « Les victimes et les familles méritent que justice soit rendue », a-t-il insisté. Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et l'Armée de libération nationale (ELN) sont également largement critiquées par le Rapporteur spécial. Ces groupes armés « entretiennent l’instabilité du pays » et persécutent les « populations pour lesquelles ils proclament qu’ils se battent », note Philip Alston.

Historiquement les communautés autochtones et afro-colombiennes ont toujours été discriminées et le sont encore, spécifiquement dans les zones de conflits, précise-t-il. Il recommande dans son rapport que des enquêtes soient menées sur ces violations des droits humains et que le gouvernement assure la sécurité de ces communautés.

Si le gouvernement colombien s’engage dans une politique de transparence vis-à-vis de ces problèmes, cela aura « un effet extrêmement positif sur sa légitimité et celle de ses politiques », a conclu le Rapporteur spécial.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.