Le Conseil de sécurité vote la fin du mandat de la MINURCAT

25 mai 2010
Un casque bleu de la MINURCAT avec des enfants réfugiés dans l'est du Tchad.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté mardi une résolution mettant fin à la Mission des Nations Unies en République Centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) le 31 décembre 2010. Le retrait graduel des composantes militaire et civile commencera dès vendredi 27 mai et la responsabilité de la protection des réfugiés et des déplacés internes est transférée au gouvernement tchadien.

Adoptée à l'unanimité, la résolution 1923 prévoit la réduction des effectifs de la MINURCAT de 3.300 à 2.200 casques bleus (1.900 au Tchad et 300 en RCA) d'ici au 15 juillet. La seconde phase de retrait débutera le 15 octobre et au 31 décembre 2010, tout le personnel civil et militaire de le MINURCAT aura quitté le territoire tchadien.

Présenté par la France, le texte reprend les recommandations du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans son dernier rapport publié à la fin du mois d'avril.

M. Ban a salué l'adoption de la résolution, soulignant qu'elle modifiait aussi le mandat de la MINURCAT et transférait aux autorités tchadiennes la responsabilité de la protection des civils. Il s'est également félicité que « le nouveau mandat autorise la composante civile de la MINURCAT à travailler avec le gouvernement tchadien afin de consolider les gains engrangés et de l'aider à se préparer à son départ complet ».

La MINURCAT a été créée en 2008, pour faire face à l'augmentation des troubles dans l'Est du Tchad où vivent plus de 250.000 réfugiés venus de la région du Darfour, au Soudan. Le pays compte aussi 180.000 déplacés internes qui ont quitté leurs localités d'origines en raison de conflits inter communautaires. Il accueille également des réfugiés venus de la République Centrafricaine, où l'instabilité continue de régner.

Après la signature au début de l'année d'un accord entre les gouvernements soudanais et tchadien pour le déploiement d'une force conjointe chargée de la surveillance de leur frontière commune, le gouvernement tchadien avait demandé le départ de la MINURCAT, estimant qu'elle n'était pas assez puissante pour assurée une sécurité complète, au contraire des forces tchadiennes.

Début mai, le Secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires humanitaires, John Holmes, avait lui fait part de « ses craintes extrêmes » quant aux conséquences d'un retrait de la MINURCAT sur les populations civiles réfugiées dans l'Est du pays.

Dans sa résolution, le Conseil de sécurité rappelle que le gouvernement tchadien s'est engagé à « assumer l'entière responsabilité de la sécurité et de la protection de la population civile de l'est du Tchad, y compris les réfugiés, les déplacés, les rapatriés et les communautés d'accueil, en accordant une attention particulière aux femmes et aux enfants, ainsi qu'au personnel et aux biens des Nations Unies et des organismes humanitaires ». La résolution énumère également les obligations qui incombent au gouvernement tchadien: amélioration de la distribution de l'aide humanitaire, initiatives pour favoriser le retour volontaire des réfugiés et des déplacés, démilitarisation des camps installés le long de la frontière avec le Soudan.

Dans les prochains mois, la MINURCAT va continuer de travailler avec la police tchadienne, notamment le Détachement intégré de Sécurité (DIS) chargé de la protection des réfugiés et des personnes déplacées dans l'est du pays, pour lui transférer la responsabilité de la sécurité, l'assister dans la relocalisation de certains camps de réfugiés et assurer la liaison et l'échange d'informations avec les acteurs nationaux, régionaux et internationaux.

 

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