L'Iraq va mieux, mais les défis à relever restent nombreux

25 mai 2010

Si les élections du 7 mars ont marqué un tournant, l'Iraq a encore de nombreux défis à relever et l'ONU doit être à ses côtés, a déclaré mardi le Représentant spécial de l'ONU pour l'Iraq, Ad Melkert, devant le Conseil de sécurité.

« Il est impératif que la communauté internationale condamne systématiquement les violences et isolent leurs auteurs », a insisté M. Melkert. Il a rappelé que 2.000 Iraquiens avaient été tués depuis le début de l'année, dont le député Bachar Al-Akidi, lundi soir à Mossoul. Dans un communiqué diffusé en marge de la réunion du Conseil, M. Melkert a vivement condamné cet acte « méprisable ».

Concernant les élections, il a estimé qu'elles montraient un « rejet ferme de la violence par une vaste majorité d'Iraquiens ». Il a salué l'attitude des responsables politiques qui « partagent tous » l'idée selon laquelle « il n'y a pas d'alternatives au respect des principes constitutionnels pour changer de gouvernement ».

Sur la formation du nouveau gouvernement, la Mission des Nations unies en Iraq (MANUI) encourage les partis politiques vainqueurs à se rencontrer et à trouver un accord fondé sur trois principes : formation d'un gouvernement de coalition incluant tous les partis vainqueurs, partage du pouvoir et des responsabilités au sein de ce gouvernement, accord sur le délai imparti au processus de formation de ce gouvernement. « La démocratie, ce n'est pas nécessairement une distinction entre une majorité au gouvernement et une minorité dans l'opposition », a rappelé Ad Melkert. « A ce stade, l'Iraq serait probablement mieux servi par un gouvernement largement inclusif, en rupture radicale avec l'exclusion ou la privation des droits électoraux que beaucoup de communautés du pays ont expérimenté dans le passé ».

« L'un des autres défis à relever », a poursuivi le Représentant spécial de l'ONU, « c'est de répondre aux attentes des Iraquiens de voir les progrès politiques et sécuritaires se traduire par une croissance économique, la création d'emplois et une amélioration drastique des conditions de vie ». Il a déploré que les réformes et la reconstruction aient « souvent souffert du manque de gouvernance » et qu'en cette période postélectorale, « l'attention accordées aux politiques économiques et sociales prioritaires soit virtuellement absente ». « Si le prochain gouvernement ne répond pas aux aspirations et aux attentes de la population, ce sera une source inévitable d'instabilité croissante et une menace pour les avancées démocratiques », a-t-il mis en garde.

Ad Melkert a rappelé que les Nations Unies devaient « se tenir prêtes à faciliter la normalisation des relations bilatérales et multilatérales entre l'Iraq, ses voisins et la communauté internationale ». « Nous devons anticiper les conséquences importantes du retrait graduel programmé des forces américaines », a-t-il enfin conclu, rappelant que le niveau de la présence onusienne dépendra de la sécurité du personnel de l'ONU.

A l'issue de la réunion, le Conseil de sécurité a salué la fin du processus de recomptage manuel des bulletins de vote dans le gouvernorat de Bagdad et l'annonce des résultats par la Haute commission électorale indépendante, dans un communiqué à la presse de la Présidence du Conseil de sécurité.

Le Conseil a indiqué qu'il attendait maintenant « avec impatience » la ratification de tous les résultats des élections du 7 mars par la Cour suprême fédérale iraquienne. Il a aussi appelé « les responsables politiques iraquiens à former aussi vite que possible et selon un processus inclusif, un gouvernement qui représente la volonté des Iraquiens ».

 

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