Ban à Istanbul pour une Conférence sur la Somalie

21 mai 2010

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, est arrivé vendredi à Istanbul, en Turquie où il devait participer ce week-end à une Conférence internationale sur la reconstruction de la Somalie, qui est confrontée à une très grave crise humanitaire.

La rencontre, organisée à l'initiative du gouvernement turc et de l'ONU, a pour objectif d'aider ce pays à se stabiliser, se sécuriser et à reconstruire les bases d'un Etat opérationnel qui a disparu depuis plus de deux décennies.

Le pays est rongé par les affrontements entre les troupes gouvernementales et les groupes armés islamistes qui ont plongé les populations dans l'extrême pauvreté et l'insécurité alimentaire les forçant à fuir les zones de combats. Plus de 1,4 million de Somaliens sont déplacés, environ 575.000 sont réfugiés dans les pays voisins et presque 3 millions de personnes sur les 8 millions de somaliens dépendent de l'aide internationale. Autant de problèmes qui devaient être abordés lors des discussions.

La piraterie devait être également un des enjeux majeurs de la Conférence. Pour l'ONU, il est indispensable de renforcer les capacités d'action des autorités somaliennes. « Sans stabilité à terre, il n'y aura pas de sécurité en mer », a rappelé le Secrétaire général, Ban Ki-moon la semaine dernière. En dépit des efforts déployés par les Nations Unies et la communauté internationale, les actes de piraterie continuent d'augmenter, au point qu'ils pourraient constituer aujourd'hui le crime international le plus fréquemment commis, avait souligné M. Ban.

Les chiffres de l'année 2009 de l'Organisation maritime internationale (OMI) sont sans appel : 406 attaques recensées, 746 membres d'équipages pris en otage, 8 marins tués, 59 autres blessés. En tout, 47 navires commerciaux ou de plaisance ont été détournés et les rançons extorquées aux armateurs ont représentées 60 millions de dollars. Des sommes qui font de la piraterie une activité criminelle juteuse notamment par le paiement de rançons lors de kidnappings des équipages des bateaux attaqués.

Avant de s'envoler pour la Turquie, le Secrétaire général a appelé la communauté internationale a massivement soutenir le Gouvernement fédéral de transition somalien, l'entité la mieux placée pour accélérer et mettre en œuvre le processus de réconciliation nationale.

De son côté, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) a exhorté vendredi les Etats à respecter leurs obligations internationales concernant le non-refoulement de réfugiés somaliens. « Les retours vers le centre et le sud de la Somalie ne doivent s'effectuer que sur une base strictement volontaire », déclare l'agence onusienne.

Malgré la publication récente par le HCR de critères d'éligibilité stricts de refoulement des refugiés somaliens, des pays auraient continué à les expulser. Par exemple, « plus de 100 Somaliens ont été expulsés depuis l'Arabie saoudite vers Mogadiscio à la mi-mai », a fait savoir vendredi une porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d'une conférence de presse a Genève, en Suisse.

« L'organisation estime qu'une approche internationale cohérente est nécessaire pour couvrir les besoins des réfugiés somaliens en matière de protection internationale. Nous exhortons à nouveau les gouvernements à porter une attention particulière aux nouvelles lignes directrices du HCR sur l'éligibilité », a-t-elle dit.

Vendredi, avant la conférence sur la Somalie, le Secrétaire général de l'ONU s'est adressé à des étudiants de l'Université de Bogazici à Istanbul et a salué le rôle grandissant que la Turquie joue sur la scène internationale et au sein des Nations Unies, soulignant sa participation active aux missions de maintien de la paix au Liban et dans toute l'Afrique mais également au sein des forces de l'OTAN ou encore en Haïti par l'envoi de forces de police.

« Vous êtes devenus une force de progrès dans toute la région et au-delà », a-t-il dit, notant le rôle important que le pays a joué aux côtés du Brésil dans de récentes négociations avec l'Iran. En tant que membre du G20, la voix de la Turquie dans l'économie globale est aujourd'hui primordiale. Sur le plan culturel, l'initiative de l'Alliance des civilisations lancée aux côtés de l'Espagne démontre l'intérêt du pays pour la tolérance et le respect mutuel, a indiqué Ban Ki-moon.

« Au fil des années, la Turquie a construit une démocratie robuste », a-t-il ajouté. « Laissez votre voix être entendue, qu'elle soit forte et claire », a conclu le Secrétaire général.

 

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